Quelque 80 sympathisants étaient réunis dimanche dans une salle du Chalet des loisirs Bourg-Royal, au 1435, boulevard Louis-XIV à Charlesbourg.

La Meute fait un pied de nez à Labeaume

Un bâtiment de la Ville de Québec a servi de tanière au controversé groupe La Meute dimanche, le temps d'une conférence. C'est un véritable pied de nez au maire Régis Labeaume qui a récemment fait une sortie en règle contre ce qu'il a appelé un «genre de milice potentiellement dangereuse et extrêmement toxique».
Quelque 80 sympathisants étaient réunis dimanche dans une salle du Chalet des loisirs Bourg-Royal, au 1435, boulevard Louis-XIV à Charlesbourg. Il s'agit d'une propriété de la Ville de Québec, confirme le rôle d'évaluation foncière. André Pitre, surnommé Stu Pitt, conférencier et commentateur sociopolitique, surtout connu sur la toile, était venu entretenir les loups sur la liberté d'expression.
Des rumeurs voulant que des groupes opposés à La Meute puissent perturber la conférence ont incité l'organisation à la prudence. Le Soleil a dénombré une dizaine de personnes chargées de la sécurité. Il fallait aussi montrer «patte blanche» avant d'entrer dans la salle. Un préposé sait maintenant que l'étui à lunettes de celui qui écrit ces lignes contient... des lunettes. Au besoin, il y avait présence d'un détecteur de métal. Une autopatrouille de la police de Québec est demeurée postée à l'entrée du stationnement jusqu'au début de la conférence.
Petite victoire
L'un des cofondateurs de La Meute, Patrick Beaudry, était tout sourire à la sortie de la salle lorsque Le Soleil lui a fait remarquer qu'il est dans un immeuble, propriété de la Ville. Le chef du Clan 3, Jacques Gagné, montre le contrat de location de la salle. «Conférence sur la liberté d'expression avec la collaboration de La Meute», est-il écrit. «Ils ne pourront pas dire qu'ils ne le savaient pas», lance M. Gagné.  Pour eux, c'est une petite victoire. C'est que les deux hommes sont toujours offusqués des commentaires formulés par le maire Régis Labeaume au lendemain du référendum qui a mis un frein au projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire. Il avait alors parlé d'un «genre de milice potentiellement dangereuse et extrêmement toxique.» Des informations laissaient alors croire que des membres du comité qui s'opposaient au projet faisaient aussi partie de La Meute. Toutefois, le groupe s'est toujours défendu d'être intervenu dans la campagne.
M. Labeaume a aussi associé ses militants à l'extrême droite, se disant dégoûté de les voir parader en ville. «Dans les pays où il s'est créé des milices, ça n'a jamais été de belles histoires», avait-il dénoncé, promettant aussi de les avoir à l'oeil. «Je leur conseille de marcher très droit et de ne pas faire de coche mal taillée. Il y aura zéro marge de manoeuvre.»
«On veut juste parler de nos inquiétudes sans se faire traiter de xénophobe ou de raciste», a lancé Jacques Gagné en introduction au conférencier, visiblement fatigué d'entendre les détracteurs de La Meute leur accoler ces étiquettes.
Public de convertis
Cela étant dit, Le Soleil a assisté à la conférence de Stu Pitt. En substance, il parle d'immigration (évidemment), de l'hypocrisie de la classe politique et fait une charge en règle contre la pensée unique des médias qu'il accuse aussi de mentir. Pour la plupart, il s'adressait à des convertis. Sans juger de l'ensemble de ses propos, au moins une information transmise soulève un doute sur leur exactitude. M. Pitre a présenté comme vraie une citation faussement attribuée au premier ministre Justin Trudeau.
Il s'agit d'un tweet du site français L'important, qui publiait: «Pour Trudeau: l'excision n'est pas une pratique barbare». Scandale en France où au moins deux députées européennes ont réagi. Après vérification, il s'agissait plutôt d'une phrase tirée d'une chronique du commentateur Richard Martineau.
Récemment, M. Pitre a dû changer son lieu de conférence lors d'un passage à Rimouski parce que son discours indisposait la direction de l'hôtel où il devait se produire.