Compte tenu de «l’état de vétusté avancé du bâtiment, des coûts élevés pour la rénovation et la restauration, de l’absence de projets significatifs pour la sauvegarde de l’immeuble, de l’inhabitation et de la sécurité des lieux», le conseil municipal de Lévis a approuvé les recommandations du comité de démolition.

La maison Rodolphe-Audette sera démolie

La maison Rodolphe-Audette sera démolie. Les membres du conseil municipal de Lévis ont confirmé lundi soir qu’ils approuvaient unanimement la décision du comité de démolition.

Le maire Gilles Lehouillier a précisé que cette décision est le résultat d’un «vote libre» de la part de chacun des membres du conseil municipal.

Compte tenu de «l’état de vétusté avancé du bâtiment, des coûts élevés pour la rénovation et la restauration, de l’absence de projets significatifs pour la sauvegarde de l’immeuble, de l’inhabitation et la sécurité des lieux», le conseil municipal a finalement approuvé les recommandations du comité de démolition.

Cette décision va à l’encontre de la volonté du comité citoyen qui s’est battu au cours des quatre dernières années pour sauvegarder le bâtiment.

Misant sur le côté patrimonial de cette maison, le comité souhaitait qu’elle soit transformée en un centre d’interprétation consacré à l’histoire et à la généalogie de Lévis.

Pas «idéal»

Conscient de la valeur historique du bâtiment, Gilles Lehouillier a affirmé que ce dénouement n’était pas «idéal», mais qu’étant donné que la maison est une propriété privée, cela a limité l’implication de la Ville pour sauvegarder le bâtiment.

Le maire jette donc l’éponge, après avoir donné une nouvelle chance à ce bâtiment en 2014, au moment où une première demande de démolition avait été acheminée à la Ville de Lévis.

M. Lehouillier a rappelé que la maison Rodolphe-Audette ne figure pas sur la liste de la Déclaration de principes de protection et de conservation du patrimoine.

«La Ville ne peut pas intervenir auprès de 4000 bâtiments et sites patrimoniaux, qui ne nous appartiennent pas. On ne pouvait pas forcer un propriétaire à faire des travaux», explique-t-il.

Il a indiqué que la Ville de Lévis n’était pas prête à investir des millions de dollars pour acheter ce bâtiment dans le but de le restaurer.

Sa réhabilitation aurait entraîné des coûts s’élevant à plus de 700 000 $, et ce, sans inclure les frais afférents pour compléter la rénovation.

Un projet de remplacement sera étudié au courant des prochains mois. Celui-ci devra respecter les grandes orientations du programme particulier d’urbanisme (PPU).

Citoyens déçus

Visiblement frustrés de la décision du conseil municipal, certains citoyens se doutaient que ce dernier opterait pour la démolition.

«Je m’y attendais, c’est un bâtiment privé, mais ici il est question de notre patrimoine et de sauvegarde. Ils disent n’avoir aucun moyen de faire quoi que ce soit, mais c’est faux», affirme Jean-Marc Lafrenière, citoyen de Lévis.

«La Ville n’a jamais appliqué sa décision en 2014, elle n’a jamais protégé la maison et donc on n’est pas surpris de la décision de ce jour», ajoute Huguette Gagnon, citoyenne de Lévis.

«J’espère que la nouvelle ministre pourra intervenir rapidement dans ce dossier avant la démolition», indique André Lemieux, petit-fils de Rodolphe Audette.

Les citoyens attendent toujours la réponse de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, qu’ils ont contactée tout récemment. 

Abandonnée depuis 20 ans

La saga de malchance de la maison Rodolphe-Audette a commencé en 1998, lorsque le bâtiment est victime d’un incendie qui endommage gravement la structure de l’édifice, ainsi que les planchers.

En 2000, le bâtiment est vendu avant de subir deux ans plus tard un second incendie. Une dizaine d’années d’inhabitation et la détérioration accentuée de la structure du bâtiment ont suivi.

En 2017, la Ville de Lévis a adopté un nouveau règlement municipal, plus exigeant pour les personnes désirant laisser leurs maisons à l’abandon.

Selon les dires du M. Lehouillier, si ce règlement avait été adopté en 1998, il aurait été possible d’exiger aux propriétaires que des travaux d’entretien soient effectués. Or, le cas de la maison Rodolphe-Audette a été jugé selon l’ancienne réglementation.

Construite en 1910, cette maison située sur la rue Saint-Laurent, non loin du secteur de la Traverse, a appartenu à Rodolphe Audette, cinquième président de la Banque Nationale et vice-président de la Compagnie du pont de Québec.