Le nouvel immeuble, qui sera construit sur l’îlot formé par les rues de Xi’An, du Pont, Fleurie et Monseigneur-Gauvreau, comptera 133 chambres individuelles auxquelles s’ajouteront une vingtaine de logements de transition à l’étage supérieur.

La Maison Lauberivière fait peau neuve

EXCLUSIF / La Maison Lauberivière espère se reloger pour l’été 2020 dans un immeuble neuf de cinq étages avec façade sur la rue du Pont, face au futur YMCA.

Les dessins d’artistes montrent des lignes sobres et un revêtement d’aluminium comme on en retrouve ailleurs dans le quartier. 

Le projet devrait coûter près de 20 millions $. Les coûts précis dépendront du résultat des soumissions publiques qui seront lancées l’automne prochain. 

L’immeuble permettra de doubler ou presque la capacité d’hébergement de la Maison Lauberivière. Avec 75 lits, celle-ci est déjà le plus important refuge pour itinérants à Québec. 

Le nouvel immeuble comptera 133 chambres individuelles auxquelles s’ajouteront une vingtaine de logements de transition à l’étage supérieur.

Les pensionnaires de Lauberivière sont actuellement logés de 2 à 5 par chambre. Cette promiscuité crée de l’inconfort et complique la gestion d’une clientèle à problèmes multiples.

Si le projet chemine comme prévu, les plans seront complétés le printemps prochain pour une mise en chantier quelque part à la fin de l’automne.

Le montage financier est théoriquement acquis, mais aucun document n’est encore signé, préviennent le président du conseil d’administration, Georges Amyot, et le directeur général, Éric Boulay. 

La grosse part devrait venir des programmes de la Société d'habitation du Québec (environ 14 millions $) et de la Ville de Québec (environ 4 millions $). 

Le reste du financement est attendu de programmes particuliers (Novoclimat, aluminium), de divers organismes et de la vente de l’immeuble actuel de Lauberivière.

Aucun argent recueilli par la Fondation Lauberivière ne servira au projet immobilier. Le rôle de cette fondation est plutôt de soutenir les opérations d’accueil (budget annuel de 3,6 millions $).

Lauberivière a longtemps envisagé une rénovation avant de se résigner à un déménagement puis à une construction neuve.

Les derniers scénarios de rénovation et de mises aux normes avaient grimpé à 25 millions $, ce qui rendait le projet inaccessible. 

Deux hypothèses de déménagement ont alors été examinées. Une première à l’Hôpital Général, boulevard Langelier, et une autre à la Maison Mère-Mallet, près de place d’Youville.

Dans le premier cas, les coûts de mise aux normes et de rénovation s’annonçaient aussi élevés que dans l’immeuble actuel.

Dans le second, l’espace était insuffisant et la localisation en Haute-Ville fut perçue comme un obstacle pour les habitués de la maison.

Un immeuble neuf à 350 mètres de la maison actuelle permettra d’assurer la continuité des services d’accueil. Dans le cas d’une rénovation, cela aurait posé un problème de logistique considérable.

Les services seront déployés sur 7 niveaux, dont 5 étages ½ hors sol. La porte principale donnera un accès direct vers la salle à manger où est servie chaque jour la soupe populaire.

Le futur immeuble comptera au total moins de mètres carrés nets (7500 m2) que la maison actuelle (8200 m2). L’espace y sera cependant mieux utilisé. 

Lauberivière pourra ainsi y loger plus de pensionnaires et de services, offrir davantage de confort et d’accessibilité et réduire des coûts d’opération.

L’immeuble sera construit sur l’îlot formé par les rues de Xi’An, du Pont, Fleurie et Monseigneur-Gauvreau.

D’un point de vue urbain, c’est une bénédiction puisqu’il permettra d’habiter un espace du centre-ville depuis longtemps vacant. 

Un espace ingrat, coincé entre une bretelle aérienne d’autoroute, une voie d’accès à cette même autoroute et un stationnement étagé de béton.

La proximité avec le YMCA devrait créer une synergie intéressante. Les pensionnaires et itinérants pourront y trouver des activités de loisir.  

À ceux qui pourraient s’étonner des coûts du projet, il importe de rappeler que la Maison Lauberivière vient en aide à plus de 5000 personnes par année. Son rôle va cependant au-delà du service aux itinérants et aux malheureux qui cognent à sa porte, en ce qu’elle contribue à la sécurité et au sentiment de sécurité à Québec, et par le fait même, à la qualité de vie de la ville.

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LE VIEIL IMMEUBLE MIS EN VENTE

Lauberivière ira en soumission publique pour trouver un acheteur pour son vieil immeuble du 401, rue Saint-Paul, face à la gare du Palais.

Celui-ci est officiellement évalué à 4 millions $, mais son état de désuétude avancé pourrait faire peur aux promoteurs.

Le constat est tombé pendant les travaux d’analyse du projet de rénovation: rien à faire ou presque. 

Sans présumer des offres, les probabilités sont que l’immeuble devra être démoli ou subir un curetage complet.

Les façades donnant sur les rues Saint-Paul et Vallières ainsi que la tourelle au toit de cuivre devront cependant être conservées parce que l’immeuble est dans l’arrondissement historique.

Celui-ci ne pose pas de menace imminente à la sécurité. Toute rénovation impliquerait cependant de coûteuses mises aux normes: protection antisismique, incendie, ventilation, etc.

Une station-service a déjà occupé une partie du terrain arrière, ce qui oblige à une décontamination avant tout agrandissement.

Construit en 1926, le bâtiment a longtemps logé des commerces au rez-de-chaussée.

On trouvait aux étages l’ancien hôtel Château Champlain dont le cabaret fut à une époque très couru. Lauberivière s’y est installée en 1983.