L’avenue Cartier, pourtant la première a amorcé le mouvement, ne deviendra pas piétonne en semaine.
L’avenue Cartier, pourtant la première a amorcé le mouvement, ne deviendra pas piétonne en semaine.

La limite des rues piétonnes

Le concept de rue piétonne sept jours sur sept comme l’envisagent les commerçants de la rue Saint-Jean dans le Vieux-Québec est difficilement exportable sur d’autres artères ou ne fait pas suffisamment consensus.

La SDC Vieux-Québec, rue Saint-Jean intra-muros, a obtenu l’autorisation de la Ville pour rendre l’artère commerciale piétonne en semaine, comme la fin de semaine, dès le mercredi 24 juin. Le Soleil a voulu savoir si ce mouvement amorcé en mai sur d’autres rues de la capitale dans le contexte de la pandémie ralliait des adeptes.

Les commerçants de la 3e Avenue aiment suffisamment l’expérience pour que leur SDC demande à la Ville de pouvoir fermer l’artère de Limoilou entre les 6e et 11e rues les jeudis et vendredis d’été de 18h à 23h. «Ça se passe assez bien la fin de semaine pour qu’on prolonge ces deux soirs, confirme la directrice Isabelle Madrid. Le fait de laisser les intersections libres pour le passage des véhicules sur les rues transversales aide à bien gérer le trafic. On a remarqué que les piétons comme les conducteurs sont très prudents.»

La directrice de la SDC Centre-ville, Alexandra Leconte, explique avoir fait la même démarche pour prolonger la fin de semaine. Ainsi, la rue Saint-Joseph sera piétonne le vendredi de 18h à 23h des rues Caron à Saint-Dominique, en plus du week-end comme actuellement.

«C’est ce qu’on a pu faire de mieux pour satisfaire tous nos membres. C’est quand même la plus longue artère commerciale piétonne. Il y a des commerces, dont certains de destination, qui comptent sur le trafic automobile. Il y a aussi plusieurs immeubles de bureaux.»

L’avenue Cartier, pourtant la première a amorcé le mouvement, ne deviendra pas piétonne en semaine. «On maintient juste le samedi et le dimanche jusqu’à 22h30. Le taux de réponse [favorable] n’était pas suffisant», explique le directeur de la SDC Montcalm, Jean-Pierre Bédard.

Selon lui, des gens d’affaires, surtout ceux propriétaires d’un commerce de destination, ont «encore des perceptions que sans véhicule, ça tue l’achalandage».

Même décision du côté de la SDC Faubourg, mais pour d’autres raisons. La directrice générale de l’organisme, Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon, explique que la configuration de la rue rend difficile sa transformation en artère piétonne en semaine. 

«Il faut penser qu’on connecte à Honoré-Mercier et que les rues transversales du faubourg ne traversent pas Saint-Jean, mise à part Sainte-Geneviève qui est à sens unique. »

Cependant, l’expérience menée la fin de semaine se poursuivra tout l’été et les heures sont maintenant prolongées à 21h30.

Sur Grande-Allée, l’affluence actuelle ne justifie pas de fermer la rue la semaine pour laisser la place aux piétons, explique le président d’Action promotion Grande-Allée, Jonathan Ollat. «La fin de semaine, l’expérience est très concluante. Cependant, il n’y a pas suffisamment de visiteurs la semaine qui entraînerait le non-respect des règles de distanciation sociale», souligne-t-il.

Sur la rue Saint-Vallier, la SDC Saint-Sauveur se contentera tout autant d’une rue piétonne seulement la fin de semaine. «Il est trop tôt pour vouloir prolonger sur semaine, soutient sa directrice, Marilou Boulianne. Je pense que l’habitude n’est pas encore là même si ç’a été concluant la première fin de semaine avec des terrasses et les efforts des commerçants pour verdir la rue et ajouter du mobilier. On va attendre à la fin de l’été pour porter un meilleur jugement.»