Le propriétaire de Parachutisme Atmosphair, Louis Croteau, n’a pas voulu répondre de vive voix aux questions du Soleil, mais il a assuré par courriel que «même sans y être obligés, nous sommes toujours ouverts à discuter de mesures d’atténuation raisonnables [si une préoccupation à cet effet devait nous être adressée]».

La guerre des airs reprend à l'aérodrome de Pintendre

Après quelques années de quiétude, des citoyens de Lévis s’inquiètent du retour du bruit excessif avec l’implantation d’une nouvelle école de parachutisme à l’aérodrome de Pintendre.

«Ayant vécu la situation dans le passé, je prends ça avec appréhension.» Jean Dumas est membre du comité citoyen Lévis sans bruit. Comme ses voisins, il a appris la semaine dernière que Parachutisme Atmosphair déménageait ses activités de l’aérodrome de Saint-Jean-Chrysostome vers celui de Pintendre. De quoi réveiller de bien mauvais souvenirs.

Depuis 2012, les autorités municipales et des résidents du secteur Pintendre mènent une lutte pour faire cesser cette activité considérée comme une nuisance pour le voisinage à cause du nombre élevé d’atterrissages et de décollages, surtout les fins de semaine.

Le maire de Lévis, qui prend le parti des citoyens, n’a pas tardé à réagir à cette annonce. Il a d’ailleurs fait parvenir lundi dernier une lettre au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau. Le permis d’exploitation aérienne sur le terrain de l’aérodrome de Pintendre délivré à Atmosphair est sous la juridiction de Transports Canada.

«Il est nécessaire de savoir que l’usage souhaité par Parachutisme Atmosphair […] ne respecte pas la réglementation municipale en vigueur. Il faut se rappeler qu’un dossier opposant la Ville de Lévis et le propriétaire de l’aérodrome est à l’étude à la Cour suprême du Canada. De ce fait, il est souhaité qu’un statu quo soit respecté d’ici à ce que la décision soit rendue», écrit le maire.

Saga judiciaire

En novembre, Lévis demandait à la Cour suprême d’entendre sa cause perdue en Cour supérieure et en Cour d’appel. La Ville estime que son règlement de zonage, qui interdit le parachutisme à l’aérodrome de Pintendre, doit avoir préséance sur la compétence fédérale en matière d’aéronautique. Par deux fois, les tribunaux ont tranché qu’interdire le parachutisme, entravait de façon importante les activités de l’aérodrome et le cœur de la compétence fédérale.

La Ville rétorque que le parachutisme est une activité accessoire qui n’est pas au cœur de la compétence fédérale. Reste à savoir si le plus haut tribunal du pays acceptera d’entendre l’argumentaire de la Ville.

«Il est pour le moins hasardeux de vouloir entreprendre des activités de parachutisme sur un immeuble présentement en litige. Je rappelle que la réglementation municipale est jugée valide jusqu’à un jugement final. Nous souhaitons ardemment que l’entreprise en question [l’aérodrome] assume ses responsabilités dans ce dossier», a commenté le maire. 

Le Soleil a tenté de joindre Jacques Bernier, propriétaire de l’aérodrome. Une dame a répondu qu’elle ni personne ne parlait aux journalistes, concernant ce dossier. M. Bernier n’a pas retourné nos appels.

Le propriétaire de Parachutisme Atmosphair, Louis Croteau, n’a pas voulu répondre de vive voix aux questions du Soleil

Il a préféré communiquer par courriel. «Nous sommes toujours intéressés à dialoguer avec les parties prenantes afin de favoriser la collaboration. De plus, même sans y être obligés, nous sommes toujours ouverts à discuter de mesures d’atténuation raisonnables [si une préoccupation à cet effet devait nous être adressée]», écrit-il, tout en soulignant qu’un communiqué de presse devrait être publié dans les prochains jours.

Mode vigilance

«Ça fait plus de trois ans qu’on a la paix. On a l’intention de se réunir et de voir les pistes de pression qu’on prévoit faire pour garder notre quiétude», fait savoir, Jean Dumas. 

Il rappelle que le comité Lévis sans bruit avait déposé, à l’époque, une pétition de 600 noms pour faire cesser les activités de la défunte entreprise de parachutisme ParaQc. De nombreuses plaintes avaient été transmises à la Ville de Lévis.

«On n’a rien contre l’aviation, mais de la manière que ParaQc opérait, on avait l’impression qu’ils étaient là uniquement pour faire un profit. La qualité de vie et la tranquillité du voisinage, ça leur passait par-dessus la tête», conclut le citoyen. Dans ce contexte, on comprend mieux ses craintes même s’il convient qu’il s’agit d’une autre entreprise. Il souhaite vivement que le passé ne soit pas garant de l’avenir.