Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, assure qu'il est «bien conscient» que le climat sonore est «un problème réel» et «un dossier très émotif», et rappelle aux citoyens qu'il vit «les mêmes problèmes» qu'eux.

La grogne citoyenne s'amplifie contre Capitale Hélicoptère

«Pourquoi vous ne respectez pas la population? Si je fais ça à mon voisin, mettre mon système de son aussi fort que vous le faites, la police va venir me ramasser.»
La doléance vient d'un citoyen de L'Ancienne-Lorette exaspéré par la présence du complexe Capitale Hélicoptère tout près de chez lui. Avec lui, quelque 140 autres citoyens poussés à bout par le bruit des hélicoptères se sont présentés à la bibliothèque Marie-Victorin lundi soir pour s'exprimer devant les représentants de Capitale Hélicoptère, de l'aéroport de Québec et de la Ville de L'Ancienne-Lorette.
Et les récriminations étaient nombreuses, bruyantes et consensuelles.
«Êtes-vous conscient que vous êtes en train de jouer avec notre santé?» demande Alain Fortin. «C'est prouvé.»
Il qualifie de «foutaise» ce qu'André Bibeau, directeur des opérations chez Capitale Hélicoptère, a pris le temps d'expliquer comme étant les mesures mises en place dans les dernières années pour limiter les dérangements sonores.
«On vit une situation abominable l'été», ajoute un autre citoyen. «Je vous demande, de grâce, par respect pour nous, de faire quelque chose.»
De son côté, le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, assure qu'il est «bien conscient» que le climat sonore est «un problème réel» et «un dossier très émotif», et rappelle aux citoyens qu'il vit «les mêmes problèmes» qu'eux. «Je suis tout à fait d'accord qu'on n'aurait jamais dû installer Capitale Hélicoptères là.» S'en est suivi une vague d'applaudissements. «On ne peut pas accepter ce qu'on a vécu dans le passé. Il faut que les choses changent», ajoute-t-il.
Mesures mises en place
La Ville de L'Ancienne-Lorette, le complexe Capitale Hélicoptère et l'aéroport de Québec ont fait la démonstration lundi soir aux citoyens dérangés par le bruit des mesures mises en place depuis plus de deux ans pour assurer une «qualité de vie» à tous.
Émile Loranger a par ailleurs fait part à sa population de six demandes faites auprès du ministère fédéral des Transports pour améliorer le climat sonore. Parmi celles-ci, prioriser l'utilisation d'une piste précise qui évite de survoler la ville de L'Ancienne-Lorette et ajouter L'Ancienne-Lorette à la liste des zones à éviter pour le survol des hélicoptères.
À noter que le Comité de gestion du climat sonore, auquel prennent par NAV Canada, Transports Canada, la Ville de Québec, la Ville de L'Ancienne-Lorette, la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, les compagnies d'hélicoptères et l'aéroport de Québec, prévoit quatre rencontres par année pour discuter de la pollution sonore à laquelle font face les citoyens de L'Ancienne-Lorette.