Rénald Lessard, archiviste et coordonnateur à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, vous attend au pavillon Casault de l’Université Laval, samedi, à l’occasion de la Semaine nationale de la généalogie.

La généalogie a la cote au Québec

Connaissez-vous vos ancêtres, les deux personnes qui ont commencé la lignée de votre famille au Québec? Carole Lacasse, comme des milliers de Québécois, s’est lancée sur la piste de sa famille et sa belle-famille. Remontons l’histoire avec elle à l’occasion de la Semaine de la généalogie.

À LIRE AUSSI Les 30 noms les plus populaires

Nous sommes en 1663, Antoine Cassé de Doué-la-Fontaine (Pays de la Loire, France), l’ancêtre de Mme Lacasse du côté de son père, arrive au Québec : il rencontre Françoise Depitié (ou Pilois, Depilois, l’orthographe du nom de famille a pu varier), fille du Roi arrivée au Québec en 1665. Ils se marient le 14 octobre 1665 à Château-Richer. Ils fonderont leur famille à Montmorency. Au fil des années, le nom deviendra Lacasse.

Du côté de sa mère, le premier colon s’appelle Guillaume Pelletier. Originaire de Bresolettes (Normandie, France), il s’installe au Québec en 1641 avec son épouse, Michelle Mabille, et ses enfants, dont Jean Pelletier, qui épousera Anne Langlois en 1649.

«J’étais curieuse de connaître mes ancêtres. La généalogie m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ma famille», explique Mme Lacasse.

Les archives généalogiques ont été numérisées ces dernières années. Il faut environ une heure pour créer son arbre généalogique. Parfois, il est tout de même nécessaire de faire des recherches dans les archives papier pour vérifier des informations.

«Tous les soldats, par exemple, avaient un nom de guerre; souvent le surnom allait l’emporter sur le patronyme d’origine», souligne l’archiviste coordonnateur à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Rénald Lessard. «En couplant les informations, on arrive à retracer les personnes pour connaître l’ensemble de l’arbre généalogique.»

Pour être sûr de trouver les bonnes personnes, on part de l’acte de mariage où les noms des parents sont mentionnés et on recule dans le temps. «On dit aux gens d’aller voir chacun des actes pour être certain que la filiation soit la bonne», conseille M. Lessard.

En ce moment, Mme Lacasse travaille sur les ancêtres de sa belle-mère, Valéda Bédard, qui va avoir 100 ans. Le premier colon s’appelle Isaac Bédard, un protestant originaire de La Rochelle (France). Il est arrivé au Québec en 1644. Mme Bédard était mariée à Marcel Larochelle dont le patronyme d’origine est Gaudron.

Et en faisant sa recherche, Mme Lacasse s’est aperçue qu’elle a un ancêtre en commun avec son conjoint. «Si on imagine deux parents, quatre grands-parents, si vous êtes rendus à la 12e génération, il y a un regroupement à un moment donné», mentionne M. Lessard.

Un retour dans le passé

Selon l’archiviste, la généalogie est populaire depuis une trentaine d’années. «Il y a une question d’identité : les gens aiment savoir d’où ils viennent. On vit dans une société où il y a beaucoup de mobilité. Parfois, on perd nos repères. De se retrouver avec des ancêtres et se dire : “Ok, cette famille-là vient de Charlesbourg, elle est restée là”, ça donne un ancrage dans le territoire, dans la société québécoise.»

La recherche généalogique permet aussi de voir ce qui s’est passé dans les familles au temps des épidémies, avec les terres et les mobilités pour la colonisation, entre autres. «C’est une autre manière de connaître l’histoire du Québec», indique M. Lessard.

Portes ouvertes

Samedi, la BAnQ soulignera la Semaine nationale de la généalogie par une journée portes ouvertes, de 12 h à 16h. Vous pourrez visiter les archives, voir des documents qui datent de la Nouvelle-France et faire une recherche sur vos ancêtres.

La base de données la plus consultée est ancestry.com. On y trouve des documents liés aux recensements, à l’état civil, à l’immigration, ainsi que de sources militaires, des dictionnaires, des annuaires scolaires, des registres paroissiaux et des actes notariés provenant du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’ailleurs. Une autre base de données très intéressante pour ces recherches s’appelle PRDH : programme de recherche démographique historique. Ces sites sont accessibles gratuitement dans les bureaux de la BAnQ. au pavillon Louis-Jacques Casault, à l’Université Laval