Régis Labeaume (au centre) a exigé que soit fermée la porte de son bureau, lundi soir, avant la séance du conseil municipal. Le maire de Québec a ainsi décidé de punir la large majorité de journalistes arrivés deux minutes en retard à son point de presse. Seules deux journalistes du Journal de Québec ont pu avoir accès à temps et recueillir les propos du maire sur des sujets aussi importants que la rencontre de mardi matin sur les régimes de retraite.

La FPJQ écorche Labeaume pour avoir boycotté des journalistes

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) condamne la décision du maire Régis Labeaume d'exclure certains journalistes de son point de presse qui se tenait lundi soir, avant le conseil municipal.
Dans un communiqué de presse, la FPJQ estime que le maire a eu un «accès de colère indigne de sa fonction» en rejetant les journalistes arrivés en retard de deux minutes à son point de presse parce qu'ils complétaient un entretien avec le chef de l'opposition, Paul Shoiry. La Fédération rappelle que l'horaire normal avait été retardé, lundi, en raison d'un point de presse du Carnaval de Québec.
Les journalistes du Journal de Québec Karine Gagnon et Marianne White ont tout de même pu poser des questions au maire, car elles ont quitté M. Shoiry plus tôt que leurs collègues pour se rendre auprès de M. Labeaume.
Devant cette situation, les journalistes Gagnon et White ont fourni l'enregistrement de la courte mêlée de presse avec M. Labeaume à leurs collègues afin de garantir l'accès à l'information à la population. Sur l'enregistrement, on entend le maire dire : «Il est trop tard. Ils ont fait leur choix», en faisant référence aux journalistes qui ont terminé leur entretien avec M. Shoiry.
«La FPJQ se réjouit de voir que les journalistes de médias concurrents ont fait preuve d'une solidarité qui a permis aux citoyens d'avoir accès à l'information qui leur était due, lit-on dans le communiqué. En ce lundi de janvier, des journalistes de Québec ont compensé le déficit démocratique causé par le maire de la capitale nationale.»
Réplique de Labeaume
Mardi après-midi, le maire Labeaume a motivé sa décision de lundi soir en disant qu'il était pressé et qu'il ne voulait pas répéter pour les journalistes retardataires. Il ne s'est pas engagé à modifier son approche si une situation similaire devait se présenter pour un prochain point de presse.
«Quand vous [les journalistes] arrivez en retard, ça veut dire qu'il faut que je répète. [...] Vous connaissez ma règle, je veux pas répéter.»
Plus tard, il a ajouté : «Vous avez une grande collaboration avec moi, vous avez toujours accès, mais comprenez mon travail. [...] On est accessible, mais on ne veut pas répéter, alors organisez-vous!»
Le maire assure que sa décision d'exclure les journalistes n'avait rien à voir avec le fait qu'ils étaient à réaliser un entretien avec le chef de l'opposition.
«Vous auriez été avec une autre personne que Paul Shoiry, ç'aurait été la même affaire!»