Un total de 64 midibus devraient être sur les routes d’ici la fin de l’année 2019 sur les différents parcours du Réseau de transport de la Capitale.

La fiabilité des midibus encore remise en question

Les midibus hybrides de la Ville de Québec auraient nécessité plusieurs interventions depuis leur mise en service. L’opposition officielle doute de leur résistance à l’hiver et remet leur achat en question. Rémy Normand se défend : un suivi rigoureux avait été demandé aux employés.

En novembre 2018, Le Soleil rapportait déjà que le premier midibus, ces nouveaux petits autobus hybrides du Réseau de transport de la Capitale (RTC), avait passé autant de temps au garage que sur la route. La question soulevait déjà des questions sur la fiabilité de ce dernier sur le territoire.

Le président du RTC, Rémy Normand, défendait déjà les sévères critiques en rappelant que les essais routiers au cours des derniers mois servaient à déceler ce qui ne fonctionnait pas. Un total de 64 midibus devraient être sur les routes d’ici la fin de l’année 2019. 

La semaine dernière, Radio-Canada rapportait que 350 ajustements auprès des 40 midibus en service avaient été nécessaires depuis leur mise en service graduelle, il y a huit mois.

De ces propos, le chef de l’opposition doute de l’espérance de vie des nouveaux véhicules, achetés par la Ville au coût de 785 000 $ chacun. 

«Ils sont censés être robustes. Ils n’ont même pas passé l’hiver», a-t-il soutenu lors de la séance du conseil municipal, lundi.

Jean-François Gosselin reproche au maire d’avoir acheté ces midibus en trop grande quantité, sans en avoir fait l’essai. Il estime donc que le montant déboursé, quelques millions au total, est «gaspillé». 

«Personne dans l’industrie ne va accepter de bidder sur deux ou trois bus, il faut que la commande vaille la peine d’être remplie. Personne ne va permettre de produire deux trois bus pour les essayer», a d’abord rétorqué M. Normand

M. Gosselin avait aussi reproché à l’administration Labeaume de «cacher» les bris des autobus à la population.

«Si on avait voulu cacher les bris, on n’aurait pas donné la liste des 350 bris. Je rappelle que le 350, ce sont des signalements. Il y a dans ces signalements des bus qui n’avaient pas de problèmes détectés. On avait demandé aux équipes d’être extrêmement rigoureux pour l’implantation des véhicules», a continué le président du RTC. 

Les équipes devaient donc noter le moindre problème relevé avec les nouveaux autobus. M. Normand a terminé en se disant «satisfait» des midibus en service. Selon lui, les véhicules répondent aux besoins de la population. 

Déclarations «malheureuses»

En entrevue sur les ondes de radio, M. Normand avait laissé entendre que les chauffeurs du RTC étaient «réfractaires aux changements». Il avait été confronté au fait que certains chauffeurs avaient signalé les problèmes des midibus sous le couvert de l’anonymat, ceux-ci refusaient donc de les conduire.

Le Syndicat des employés du transport public du Québec métropolitain inc. (SETPQM) invite le président du RTC «à plus de considération».

Il est à préciser que le syndicat ne se prononce pas quant à la fiabilité des midibus. Certains, oui, les boycottent, mais d’autres aimeraient les conduire. 


« Si on avait voulu cacher les bris, on n’aurait pas donné la liste des 350 bris. Je rappelle que le 350, ce sont des signalements. Il y a dans ces signalements des bus qui n’avaient pas de problèmes détectés »
Le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand

Le principal problème relevé est que le poste de conducteur est organisé pour des personnes de grande taille. Les conducteurs de plus petite grandeur ne sont pas confortables pour les conduire, selon Nicolas Lefebvre Legault, conseiller à l’information du syndicat.

«Les chauffeurs ne sont pas réfractaires aux changements. Ils veulent simplement un outil de travail adéquat», soulève la présidente du syndicat, Hélène Fortin, dans un communiqué de presse envoyé lundi soir. Les chauffeurs demandent en effet un poste de travail adapté à la réalité d’aujourd’hui, sans risque de blessures. 

L’organisation syndicale a commandé un rapport d’ergonomie à un spécialiste, le dossier est entre les mains de la CNESST. 

«On ne fait pas de sortie médiatique habituellement, mais là, les gens sont indignés. Ce sont les chauffeurs qui vivent avec les midibus tous les jours et ils sont très bien placés pour émettre une opinion», dit aussi Mme Fortin.  

Le syndicat ne conteste pas qu’il y ait beaucoup d’ajustements lors de l’introduction d’un nouveau véhicule, mais Mme Fortin soutient que «ce n’est pas en insultant les employés du transporteur et en se privant des observations des professionnels qui sont aux premières lignes que l’on améliorera le transport en commun à Québec».

«Je n’ai pas insulté personne. […] J’ai simplement parlé de résistance au changement, il y en a dans chaque entreprise. S’il y a quelqu’un qui a défendu ses employés dans les dernières années, c’est bien moi», a répondu M. Normand, confronté à ce sujet par l’opposition lors du conseil municipal. Il n’avait cependant pas encore pris connaissance du communiqué de presse.