Après des années de tergiversations, la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul cédera finalement la place à un hôtel.

La façade de l'église St-Vincent-de-Paul sera démolie

Le ministère de la Culture du Québec donne le feu vert au démantèlement de la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul, en haut de la côte d'Abraham.
L'autorisation est conditionnelle à la réalisation d'une «oeuvre d'art public évoquant l'esprit du lieu».
Il est déjà convenu que cette oeuvre sera réalisée par l'artiste Florent Cousineau qui prévoit y intégrer une des arches de pierre de la façade.
La Ville de Québec ayant déjà autorisé la démolition de cette façade (le permis est valide jusqu'en juillet), le promoteur Jacques Robitaille pourrait entreprendre la démolition dès janvier. C'est du moins le souhait qu'il avait exprimé la semaine dernière.
On se souvient que le Ministère avait bloqué le projet après avoir constaté que le promoteur avait démoli l'église Saint-Vincent-de-Paul sans son autorisation. Seule la façade était alors encore debout.
Le compromis négocié l'an dernier fut de démanteler cette façade pierre par pierre et de la reconstruire quelques mètres plus loin.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre explique que l'ancienne église «voulait dire beaucoup» pour le quartier et est aux portes du Vieux-Québec reconnu par l'UNESCO. «J'ai une réputation à préserver», dit-elle, même si la façade n'a pas de valeur historique.
Pourquoi permettre aujourd'hui la démolition que le Ministère refusait l'an dernier? «Je ne suis pas une ministre dogmatique, répond-elle. Il faut faire preuve d'ouverture et d'intelligence.»
Elle dit avoir été «très sensible» à l'argument du maire Labeaume qui a plaidé auprès d'elle que la façade était devenue un danger, des jeunes réussissant à y grimper.
Argument économique
Mme St-Pierre croit aussi que la situation économique a changé depuis l'an dernier. Le promoteur lui a fait valoir qu'il en coûterait «une fortune» pour reconstruire la façade (4 millions $) et il aurait voulu que le Ministère paye pour cette reconstruction, rapporte-t-elle.
Il n'en était «pas question», dit-elle. Surtout pas après avoir démoli le reste de l'église sans le permis du Ministère.
Mme St-Pierre croit par ailleurs que le projet d'oeuvre d'art respecte «l'esprit du lieu» et fera un «consensus social».
Le ministère de la Culture et la Ville de Québec devront éventuellement se prononcer sur les autres aspects du projet d'hôtel de M. Robitaille.
Le Ministère examinera «l'aspect historique et patrimonial», mais n'a pas à se prononcer sur la vocation du site. Le zonage municipal permet actuellement la construction d'un hôtel.
Des citoyens et la conseillère indépendante Anne Guérette voudraient que le projet aille en consultation publique et fasse une part plus grande à l'habitation.