Nicolas Lavigne, propriétaire de La Zèbre Mobile par Côtes-à-Côtes Traiteur, est l’un des deux heureux élus à avoir accès à la douzaine de sites établis par la Ville.

La cuisine de rue tourne au ralenti

Si la Ville de Québec confirmait en juin que quatre camions de cuisine de rue prendraient le bitume cet été, seuls deux avaient reçu leur permis en date du 6 juillet.

À la deuxième année du projet-pilote de cuisine de rue dans la capitale, les choses tournent au ralenti. Les opérateurs intéressés, déjà moins nombreux, passant de sept en 2017 à quatre cette année, tardent à investir le domaine public.

Nicolas Lavigne, propriétaire de La Zèbre Mobile par Côtes-à-Côtes Traiteur, est l’un des deux heureux élus à avoir accès à la douzaine de sites établis par la Ville, avec le Saga Nomade par Sagamité.

Motivé, M. Lavigne est convaincu «qu’il y a un marché pour la cuisine de rue à Québec». Participant en 2017, ce dernier a pourtant failli tout abandonner cette année en raison de dédales administratifs, a-t-il confié au Soleil. Il n’a obtenu son permis que le 29 juin. «Moi, ça a été extrêmement difficile. Ça a été une vraie saga», a-t-il dit. Une affaire de paperasse. «Ça a pris 15 jours pour une virgule.» Le restaurateur croit que le processus d’attribution des permis pourrait être allégé.

Un autre problème, a-t-il évoqué, est que les modalités de la deuxième année du projet-pilote n’ont été connues que le 7 mai, une date corroborée par la Ville. «On ne peut pas faire des changements et proposer quelque chose de nouveau en mai-juin quand la business se prépare [des mois d’avance]», a plaidé M. Lavigne, qui estime qu’il aurait fallu connaître les règles du jeu en janvier, minimalement. Ne serait-ce que pour planifier ses investissements et embaucher de la main-d’œuvre.

Les restaurateurs intéressés ont eu moins de deux mois entre le dévoilement des modalités et la date limite pour de l’appel de candidatures, fixée au 26 juin.  Un court délai dur à expliquer d’autant plus, a ajouté M. Lavigne, que des rencontres ont été tenues dès novembre avec l’administration municipale pour faire le bilan de 2017 et préparer 2018.

Ironiquement, aucun restaurateur de rues n’avait obtenu son permis lors de l’événement de lancement de la saison organisé par la Ville de Québec, le 24 mai. «La réponse est non, ils n’avaient pas encore leur permis», a confirmé Marjorie Potvin, porte-parole à la Ville. «Mais ceux-ci étaient préautorisés puisqu’ils avaient déjà passé le processus de sélection l’an dernier et étaient en voie de l’obtenir ou allaient déposer leur demande incessamment.»

Optimisme 

Nicolas Lavigne regarde maintenant en avant. «On a un projet qui pourrait être bien. […] Sérieusement, on compte faire vibrer ce marché-là, mais c’est sûr qu’on aimerait ça qu’il y ait plus de joueurs.»

Avec Guy Lévesque, de Saga Nomade, il a convenu de créer «une récurrence» et d’unir les forces. Dorénavant, chaque mercredi, les deux camions se rendront au Domaine Maizerets afin de donner un rendez-vous aux gourmands. Tout l’horaire sera construit de cette façon (à surveiller sur les pages Facebook des deux camions). 

Le fait de pouvoir créer leur propre calendrier est en soi un avantage obtenu pour l’an deux du projet-pilote, a rappelé M. Lavigne, qui compte donc s’en servir. Reste à obtenir de meilleurs sites, au centre-ville. «On a encore l’impression de devoir faire venir les gens vers nous plutôt que nous on aille vers les gens.»

La saison de la cuisine de rue, tout comme le projet-pilote, prendra fin le 31 octobre.