Un renforcement de la réglementation municipale sur l'offre locative de type Airbnb est à prévoir.

La consultation sur Airbnb enclenchée à Québec

La grande réflexion promise par l'administration Labeaume sur l'offre locative de type Airbnb est enclenchée. Un renforcement de la réglementation municipale est à prévoir.
La Ville de Québec a lancé officiellement son comité de travail sur l'hébergement touristique, jeudi.
«Le but de la démarche qu'on annonce aujourd'hui, ce n'est pas d'interdire les résidences de tourisme, c'est vraiment de dresser un portrait de la situation actuelle et d'être en mesure de trouver les meilleurs moyens, les meilleures solutions pour réglementer la chose. Il y a déjà des règlements qui existent, mais on considère qu'ils ne sont pas suffisants, qu'ils ne sont pas adéquats, donc on va demander au groupe de travail de nous recommander de nouvelles façons de faire», a expliqué la vice-présidente du comité exécutif responsable de l'urbanisme, Julie Lemieux, qui souhaite que le comité s'inspire de ce qui se passe dans les grandes villes touristiques du monde. 
La conseillère municipale a rappelé que la Ville est très sollicitée depuis l'entrée en vigueur de la loi provinciale obligeant les locateurs de type Airbnb à se doter d'un permis. Depuis avril 2016, 162 demandes pour l'usage résidence de tourisme lui sont parvenues et 88 ont été refusées. En parallèle, il y a des centaines d'offres de logements sur les plateformes technologiques. Et depuis 2013, seulement une quarantaine de constats d'infraction délivrés par la Ville. 
Ce bilan ne va pas changer dans les prochains mois puisqu'un moratoire a été décrété lundi au conseil municipal. Aucun permis de résidence de tourisme ne sera accordé avant que les critères n'aient été revus. Le comité n'a pas établi d'échéancier, mais promet une consultation publique et espère que d'éventuels changements pourront être opérés avant la haute saison touristique de 2018. 
«Authenticité»
André Roy, directeur de l'Office du tourisme de Québec, est le président du comité de travail. Il dit travailler pour que Québec conserve son «authenticité». «Si le Vieux-Québec se vide de tous ses résidents et que ça devient juste des résidences de tourisme, les touristes vont vivre avec d'autres touristes et plus avec des résidents de Québec», fait-il valoir. 
Michelle Doré, hôtelière bien connue pour sa lutte contre l'hébergement illégal, est heureuse que la Ville de Québec se saisisse du dossier, même si elle reconnaît que les entreprises comme Airbnb ou HomeAway bougent toujours plus vite que les gouvernements. 
La chef de l'opposition, Anne Guérette, a accusé le maire Régis Labeaume de s'être traîné les pieds dans le dossier et d'avoir «totalement perdu le contrôle». «Il n'y a pas 56 000 solutions. Il va falloir que les villes négocient directement avec les plateformes numériques», qui seraient contraintes de vérifier si leurs locateurs respectent la réglementation, a-t-elle suggéré. 
Outre M. Roy, le comité de travail réunit Robert Mercure, directeur général du Fairmont Le Château Frontenac, Daniel Robitaille, propriétaire du gîte touristique Le Clos des brumes et président de Développement Côte-de-Beaupré, Geneviève Marcon, coprésidente de GM Développement, Michelle Doré, propriétaire de trois établissements hôteliers du Vieux-Québec, Jean-François Côté, propriétaire des Hôtels de la Nouvelle-France et président du Conseil d'administration de l'Office du tourisme de Québec, Roland Duchesne, locateur Airbnb ainsi qu'Alain Samson, président du conseil de quartier Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline Parlementaire.