Le directeur du service des transports et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec, Marc des Rivières, soutient qu’une fois les travaux complétés, il y aura une amélioration de 15 % de la fluidité du réseau malgré une hausse du nombre de véhicules par rapport à la situation actuelle.

La construction du Phare compliquera la circulation

La construction du projet Le Phare et la mise en valeur du secteur du Plateau à Sainte-Foy créeront bien des désagréments aux automobilistes au plus fort des travaux routiers en 2020-2022.

La Ville de Québec a présenté lundi l’échéancier prévu des travaux de réaménagement des axes Laurier, Hochelaga, route de l’Église et Lavigerie-des Châtelets, qui accompagneront l’ambitieux projet de tours d’habitation et de bureaux de 755 millions $ du Groupe Dallaire.

La construction du Phare entraînera l’arrivée dans le secteur de 2000 nouveaux résidants et quelque 7000 nouveaux travailleurs. La Ville de Québec avait déjà annoncé son intention de profiter de cet investissement privé pour transformer complètement tout le secteur du Plateau de Sainte-Foy à l’intérieur de son plan particulier d’urbanisme.

«C’est une vision de développement pour en faire un lieu urbain dense, habité et vivant où prédomine la qualité de vie», a réaffirmé le maire Régis Labeaume, à propos de ce pôle qu’il considère comme le «second plus important centre d’activités de la Ville de Québec». 

Évidemment, ces transformations majeures ne se feront pas sans heurt, notamment pour les automobilistes.

Le directeur du service des transports et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec, Marc des Rivières, explique que les «photos de circulation» prises pendant les travaux qui s’échelonneront jusqu’en 2029 montrent que la période critique s’étend de 2020 à 2022. 

Dans cet intervalle, il y aura des travaux simultanément sur deux ponts d’étagement de l’autoroute Henri-IV à la hauteur du chemin des Quatre-Bourgeois et un réaménagement de la route de l’Église, du boulevard Hochelaga, de l’avenue Lavigerie et de la rue des Châtelets.

«Il y aura beaucoup, beaucoup de chantiers à ce moment-là. Les gains en termes de [hausse de] voies ne se manifestent pas encore», précise-t-il. 

Pendant cette période, il y aura donc une détérioration projetée «d’environ 15 % de la circulation», estime M. des Rivières, se basant sur une étude d’impact réalisée, prenant compte de divers facteurs comme le temps de déplacement, la vitesse de déplacement et l’offre de service de transport en commun.

Consultations publiques

Une fois les travaux complétés, soutient le directeur, il y aura une amélioration de 15 % de la fluidité du réseau malgré une hausse du nombre de véhicules par rapport à la situation actuelle.

En effet, l’ajout de voies de circulation et l’arrivée du tramway, qui devrait permettre une hausse de la part modale (transport en commun) de 14,5 % à 25 % d’ici 2029, désengorgeront la circulation, évalue-t-on.

À une exception près. Le temps de parcours sur le boulevard Hochelaga à la pointe AM pourrait passer de 7,7 à 9,5 minutes en direction est et de 4,9 à 5,5 minutes en direction ouest. Selon M. des Rivières, la seule possibilité de faire un gain est tributaire d’éventuels travaux que pourraient engager le ministère des Transports à la tête des ponts, notamment celui de l’échangeur Hochelaga–Henri-IV. 

Ces informations sont dévoilées au moment où la Ville annonce trois séances publiques d’information sur les changements réglementaires permettant la réalisation du projet Le Phare. Les citoyens qui souhaitent y participer peuvent s’y rendre le lundi 29 octobre, le mardi 30 octobre ou le mercredi 21 novembre à 19h à l’édifice Andrée-P.-Boucher.

Mêmes préoccupations

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, souligne que la tenue des séances n’aplanira pas pour autant les préoccupations des citoyens. «Elles sont toujours là : l’augmentation de la circulation, l’ombre projetée [par les tours] et l’écrasement sur le quartier ambiant. C’est un projet démesuré, gigantesque qui n’a pas raison d’être, maintient-il, bien qu’il sait que l’administration Labeaume a fait son nid. Les 20 étages satisfaisaient l’entourage et les gens d’affaires. Et paf, on arrive avec 60 étages. C’est la grenouille et le bœuf. Une telle tour n’a pas lieu d’être, si ce n’est pour une raison d’ego.»

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