Très peu de choix s'offrent aux musulmans pour leur inhumation. Il existe un grand cimetière à Laval et ailleurs dans la région montréalaise, trois ou quatre cimetières catholiques existants ont délimité des «carrés musulmans».

La communauté musulmane choisit Lévis pour son cimetière

La communauté musulmane de Québec a choisi Lévis pour y installer son cimetière parce que les terrains y sont beaucoup moins chers.
Le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) est sur le point de conclure l'achat d'un terrain assez grand pour accueillir ses défunts pour «au moins les 50 prochaines années», a confié une source au Soleil. Ne reste plus qu'à valider le tout avec les membres de la communauté, mais la transaction est assurée à 99,8 %, illustre cette personne proche du dossier qui ne veut cependant pas dire où exactement pourraient reposer les musulmans de la région.
Les démarches avaient été entamées avant la tragédie du 29 janvier où six musulmans ont perdu la vie sous les balles d'Alexandre Bissonnette alors que la prière se terminait à la Grande Mosquée, dans Sainte-Foy. En raison des événements, la rencontre qui devait se tenir avec les membres du CCIQ pour valider le choix a été repoussée et se tiendra sous peu.
Bien que les membres de la communauté se trouvent en majorité de l'autre côté du fleuve, les terrains y sont «quatre à cinq fois plus cher». C'est pourquoi le CCIQ a arrêté son choix sur Lévis. «C'est mieux parcourir 30 à 50 kilomètres que 200 kilomètres», fait-on valoir. Actuellement, les musulmans de la région doivent se rendre à Montréal s'ils veulent enterrer leurs proches dans un cimetière consacré à leur confession. Dans toute la province, seulement trois cimetières catholiques ont actuellement des sections consacrées aux défunts musulmans.
Zonage particulier 
Mardi, le maire de Lévis tentait lui aussi de savoir où est situé le terrain devant faire l'objet d'une transaction. «On a vérifié. On n'a pas eu de demande officielle de qui que ce soit, ni en urbanisme ni au développement économique», a mentionné Gilles Lehouillier en marge d'une activité à saveur économique. 
Le maire a expliqué que le zonage prévoit l'usage «cimetière» à différents endroits dans la ville. Il a d'ailleurs conseillé aux promoteurs du cimetière musulman de «s'assurer que tout est correct». Si un changement de zonage est requis, M. Lehouillier se dit ouvert à l'étudier selon les règles habituelles. «Ça va être étudié selon le processus normal avec consultation» publique, a-t-il spécifié.
Avec Annie Morin