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La CAQ proposera son propre tracé du tramway

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
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Le gouvernement Legault déposera d’ici quelques semaines son propre projet de réseau structurant pour mieux desservir les banlieues, incluant une révision du tracé du tramway.

D’abord ébruitée par le Journal de Québec, l’information a été confirmée au Soleil par une personne au fait du dossier. Selon elle, le gouvernement est toujours en faveur d’un réseau de transport «structurant et efficace» qui dessert mieux les banlieues de Québec.

Le problème semble résider dans le fait que la Ville «n’a pas accepté de modifier suffisamment le tracé du tramway pour permettre au gouvernement de respecter ses engagements électoraux», confie cette même source. Des négociations sont en cours depuis déjà plusieurs semaines.

«Le gouvernement travaille donc présentement sur une révision du tramway et sur un projet de réseau structurant qui desservirait mieux les citoyens des banlieues de Québec», conclut la source.

Le Bureau du maire a rapidement réagi. «La Ville n’a rien refusé, car elle n’a jamais reçu de proposition. Il n’y a pas eu de négociation ni de réunion de travail entre le ministère des Transports et le Bureau de projet, fait savoir François Moisan, attaché de presse de Régis Labeaume. La Ville n’a reçu aucune carte, aucun plan, aucun papier concernant des changements de tracé. Il n’y a eu que des discussions verbales», poursuit-il.

La CAQ pointée du doigt

Coïncidence ou pas, cette nouvelle a circulé seulement une heure après une sortie publique du maire au cours de laquelle il pointait du doigt les «hésitations» du gouvernement du Québec pour expliquer la baisse de popularité du tramway. 

Il commentait alors un sondage Léger publié mercredi dans le Journal de Québec, qui révèle que 50 % des sondés appui le projet. Ce chiffre grimpe à 56 % en excluant les indécis.

«Je suis très satisfait de ce sondage. Notre évaluation était que le taux d’approbation avait atteint 50 %», a déclaré le maire d’entrée de jeu. Ces chiffres sont un peu moindre qu’un précédent sondage Léger réalisé en avril 2019 où 59 % des résidents de la Ville de Québec sondés disaient être entièrement d’accord ou plutôt d’accord avec l’implantation d’un tramway dans la capitale.

«La baisse est attribuable aux hésitations du gouvernement. C’est évident pour tout le monde. On se dirige vers un appui de 60 %. Avec un mot du premier ministre, on est capable de se rendre à 65 %», a estimé le maire. En effet, les réticences des élus de la CAQ qui répètent vouloir une meilleure desserte des banlieues avant de donner le feu vert au projet peuvent avoir une incidence négative sur le taux d’approbation. 

Gains politiques

À ce propos, Régis Labeaume a aussi répété que «les décisions sur ce projet ne peuvent pas se prendre sur des bases partisanes ou des gains politiques potentiels. C’est comme ça que les gouvernements créent des erreurs historiques.»

Du même souffle, il a soutenu que la population se range lentement derrière les arguments en faveur d’un Réseau structurant de transport en commun comme celui imaginé par la Ville et le Bureau de projet du tramway. «Les gens comprennent tranquillement que la toile de service est un tout cohérent. Ils savent aussi que 3,3 milliards $ d’investissement dans un contexte post-pandémique, ça va devenir très important.»

Le maire a soulevé une fois de plus ce qu’il estime être une politique de deux poids, deux mesures entre Montréal et Québec. «Jamais les gens de Québec ne vont accepter d’être traités différemment de Montréal. Et ils le sont actuellement», a-t-il lancé, en parlant de la pluie de milliards qui s’abat sur la métropole en lien avec les phases II et III du Réseau express métropolitain.

«Le gouvernement lésine concernant Québec. Il y a une volonté politique pour Montréal et une absence de volonté pour la capitale nationale. Québec n’est pas une bourgade et la population l’exprimera d’une façon ou d’une autre.»

Coûts additionnels confirmés

Enfin, le maire a confirmé que le retard du gouvernement à appuyer le projet par décret engendre déjà des coûts supplémentaires. Mardi, le vérificateur général de la Ville évoquait 100 millions $ additionnels par année de retard.

«L’appel de proposition auprès des grands consortiums devait se faire initialement en août-septembre 2020. C’est (le retard) très très dommageable au point de vue des coûts potentiels et des risques de perdre un consortium, donc de diminuer la concurrence», a conclu M. Labeaume.