La boutique d’articles pour bébés Rosalice a déclaré faillite. Le magasin et le lieu de coworking La Salle de jeux sont fermés depuis une dizaine de jours.

La boutique Rosalice en faillite

La boutique d’articles pour bébés Rosalice est en faillite.

La cession a été déposée lundi. Les dettes totales de l’entreprise s’élèvent à 239 476, 82 $. Plusieurs fournisseurs comptent parmi les créanciers, dont ceux qui déploraient dans nos pages vendredi dernier ne pas avoir été payés. S’ajoutent, entre autres, l’Agence du revenu du Canada (10 000 $), le ministère du Revenu du Québec (14 600 $), La Banque de développement du Canada (75 000 $) et VISA Desjardins (environ 75 000 $). Rosalice doit aussi près de 13 000 $ au centre commercial Fleur de Lys, où elle avait pignon sur rue jusqu’à tout récemment.

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Les seuls actifs de l’entreprise sont des stocks (3000 $) et de l’ameublement (6000 $). Rosalice avait déménagé il y a peu de temps sur l’avenue Proulx, dans Vanier. La boutique logeait dans le même local que La Salle de jeux, le nouveau projet de coworking parental d’Alyson Tremblay Racine et de son conjoint Maxim Bolduc. L’endroit n’aurait été ouvert que quelques semaines. Les sites Internet et pages Facebook des commerces sont aussi désactivés.

Dans notre texte de vendredi, des fournisseurs et des consommateurs estimaient avoir été floués.

Commandes non reçues

Les fournisseurs interrogés affirmaient ne pas avoir été payés, certains depuis plusieurs mois. Des clients disaient avoir eu bien des difficultés à recevoir les biens commandés et avoir dû faire de nombreuses démarches pour les obtenir. Geneviève Lapointe, de Sherbrooke, qui avait commandé un hamac qui s’accroche au panier d’épicerie Binxi, expliquait avoir finalement reçu une contrefaçon. Certaines consommatrices déploraient n’avoir jamais obtenu leur commande. Mme Lapointe et deux autres clientes ont formé en juillet le page Facebook Les clients insatisfaits de Rosalice. En quelques jours, le groupe est passé de 90 membres à près de 220. Elles disaient souhaiter rendre service aux gens dans la même situation qu’elles, entre autres en les aidant à se faire rembourser.

Clients comme fournisseurs dénonçaient les difficultés à joindre la copropriétaire.

Deux recours avaient déjà été enclenchés. La Banque de développement du Canada réclame devant les tribunaux 36 721,90 $. Dans les documents de faillite, on constate que la dette envers la BdC est de 75 000 $. Un fournisseur ontarien, Tuffo Products, a aussi fait une requête pour un montant de 3196,85 $. La facture date de septembre 2017.

Jointe la semaine dernière, la copropriétaire de Rosalice, Alyson Tremblay Racine, expliquait avoir dû se résoudre à fermer pour préserver sa santé. L’entrepreneure, aussi mère de trois jeunes enfants, dit s’être poussée à l’épuisement, à force de travailler corps et âme pour sa famille et son commerce.

Jeudi, elle disait qu’elle ne déclarerait pas faillite. «On ne fera pas faillite. Le but c’est de prendre les sous qu’il nous reste pour justement tout payer le plus possible et fermer le mieux possible. […] J’essaie de faire ce qui est en mon pouvoir pour que tout soit honoré.»

Elle niait aussi que son entreprise allait mal avant l’ouverture de La Salle de jeux tout récemment, même si certains défauts de paiement datent de plusieurs mois avant l’ouverture.

Vous n’avez pas reçu votre commande? Tout n’est pas perdu. «Le consommateur pourrait obtenir un remboursement de l’émetteur de la carte de crédit soit en vertu des règles de la Loi sur la protection du consommateur sur le contrat à distance [...], soit en vertu des conditions d’utilisation de la carte et des politiques de l’émetteur, qui offrent souvent à leur client une protection contre les biens ou les services payés mais qui n’ont pas été livrés ou rendus», indique le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur, Charles Tanguay. «Dans ce dernier cas, l’émetteur pourrait imposer un délai à son client pour contester la transaction. Il vaut donc mieux faire sa demande le plus rapidement possible.»