Le conseiller indépendant Jonatan Julien estime que la passerelle cyclable surélevée que désire construire la Ville «n’est pas un investissement judicieux».

Julien attaque le projet de passerelle cyclable du maire Labeaume

Coûteuse, non fonctionnelle, controversée. La passerelle cyclable surélevée que désire construire la Ville sur les terrains du Port de Québec fait l’objet de vives critiques.

La structure inspirée du Cycle Snake à Copenhague au Danemark a soulevé bien des doutes lundi dans les rangs de l’opposition à l’hôtel de ville. Le conseiller indépendant, Jonatan Julien, ancien bras droit du maire Labeaume, est de ceux qui ont nourri le tir contre le projet qui devrait voir le jour en 2019.

«Je m’étonne du caractère spontané et inattendu de cette annonce. Je n’en avais jamais entendu parler il y a encore trois semaines», a-t-il lancé lors d’une mêlée de presse, moment où il était encore avec Équipe Labeaume.

Selon lui, l’investissement projeté est trop élevé pour l’utilité de la passerelle. «En 2014, la construction de la passerelle de 235 mètres à Copenhague a coûté 7,5 millions de dollars. En faisant une règle de trois, ça va coûter 10 millions $ pour construire une passerelle de 320 mètres à la Pointe-à-Carcy», estime M. Julien. 

À ce sujet, il rappelle que cette somme correspond à l’investissement total des trois dernières années fait par la Ville sur l’ensemble de son réseau. «Je demande à être convaincu, mais ce n’est pas une utilisation optimale des deniers publics par rapport au réseau. Ce n’est pas un investissement judicieux», ajoute le conseiller, qui a l’impression de s’être fait servir «la totale».

Il rappelle aussi que Québec ce n’est pas Copenhague. Dans la ville danoise, 20 000 cyclistes par jour empruntent le Cycle Snake. Dans la capitale, on parlerait de 4000 cyclistes par jour pendant certaines périodes de pointe. «Sans compter que la structure serait inefficace cinq à six mois par année, pendant les mois d’hiver», renchérit M. Julien.

Ce dernier entretient aussi beaucoup d’interrogations en ce qui a trait à l’intégration et à l’esthétisme de la passerelle dans le paysage du Port de Québec. 

Pas une solution optimale

Le conseiller de Démocratie Québec dans Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau, estime le coût de construction entre 8 et 12 millions $.  «C’est une solution coûteuse qui ne fera pas l’unanimité chez les cyclistes. La notion d’acceptabilité sociale est importante. Il faut une consultation auprès des groupes de cyclistes parce que ça risque de ne pas satisfaire tout le monde», insiste-t-il.

Il soutient que les cyclistes de passage apprécieront peut-être, mais que les cyclistes utilitaires pourront ne pas y voir une solution optimale.

M. Rousseau soulève aussi des questions quant à l’esthétisme de la passerelle. L’esquisse qui a été diffusée ne l’a pas convaincu. «On ne peut pas faire n’importe quoi dans l’environnement du Vieux-Port», avertit-il.

Pendant le conseil municipal, le maire Régis Labeaume n’a pas bronché, répétant qu’il fallait agir rapidement pour régler le problème de sécurité dans ce secteur. Selon lui, il s’agit de la seule solution possible, prétendant même que la passerelle deviendra une signature touristique de la Ville de Québec. Il n’a pas voulu préciser le coût de construction.

Le projet de passerelle 2019 vise à permettre aux cyclistes de circuler sur les terrains du Port de Québec et ainsi éviter la rue Dalhousie.

Elle devrait être construite en béton recouvert de polymère coloré. Elle sera aménagée près du stationnement étagé voisin de la place des Canotiers et ne sera pas accessible aux piétons.

Les travaux sont prévus en 2019. Le port de Québec participera financièrement pour un million $. 

La passerelle remplacera la bande cyclable aménagée sur Dalhousie l’an dernier qui créait plusieurs situations dangereuses entre les cyclistes, les piétons, les automobilistes et les véhicules lourds en plus d’augmenter la congestion dans le secteur.

Depuis quelques années, le Port ne veut plus de cyclistes sur les quais en raison de conflits potentiels avec les piétons et plus spécifiquement les croisiéristes.