Journal de campagne, semaine 6

À l'assaut

Il fallait du front quand même. Jean-François Gosselin a occupé jeudi le hall de l’hôtel de ville pour faire connaître son futur «conseil des ministres» advenant un score parfait de Québec 21 à l’élection de dimanche. 

Son parti ne recevra pas de facture: il s’est renseigné pour louer un local comme l’avait fait Équipe Labeaume en début de campagne et s’est fait répondre qu’il pouvait utiliser sans frais le parvis et le hall. Après tout, c’est la maison du peuple.

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Le chiffre de la semaine: 13,72

C’est le taux de participation au vote par anticipation tenu dimanche à Québec. Il s’approche du record de 14,4% établi en 2013. Depuis quelques années, le vote à l’avance gagne en popularité auprès des électeurs. En 2009, il s’établissait à 8,7% tandis qu’il affichait un faible 5% en 2005, à Québec toujours.

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Le mot de la semaine: porte-à-porte

Il n’a pas fait la manchette. Et pourtant, il pourrait être le mot du mois. Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, est celui qui l’a employé le plus souvent. Le troisième lien, les taxes élevées, les services déficients, autant de préoccupations qui se cachent derrière chaque porte des quartiers visités. La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, en a fait mention à quelques reprises, sans en abuser. À l’autre bout du spectre, jamais le maire sortant n’a fait écho de ce qu’il entendait dans sa tournée. À bien y penser, Régis Labeaume pourrait bien ne pas en avoir fait.

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Entrevue express avec... André Voyer, candidat indépendant à la mairie de Lévis

Q Vous vous êtes présenté avec des idées novatrices. Rappelez-nous les préceptes de quelques-unes?

R J’ai l’impression que 15 personnes élues décident pour 150 000 citoyens, même cinq personnes, si on compte seulement les gens du comité exécutif. C’est pourquoi je propose un nouveau modèle démocratique avec l’élection de 20 personnes par districts qui pourraient s’engager auprès des élus pour discuter des enjeux et priorités. Ça améliorerait le principe de représentation. Il faut aussi gérer le trafic différemment. J’aimerais développer le concept de boulevard urbain même pour la 20. Aux heures de pointe, les gens rouleraient moins rapidement, mais à vitesse constante, ce qui éviterait les bouchons. Enfin, le projet de monorail suspendu doit être étudié comme solution pour désengorger les routes. 

Q Quelle écoute avez-vous reçue des citoyens?

R Les jeunes et les personnes âgées ont semblé être plus sensibles à mes propositions. Les aînés m’ont fait part de leur désir de construire pour les générations futures. Les plus jeunes ont, comme moi, une vision tournée vers l’avenir. Ces projets les interpellent davantage. À l’inverse, j’ai l’impression que les gens d’environ 40 à 60 ans sont moins réceptifs. Ils sont pris dans leur hypothèque, leur quotidien et ont moins de temps pour s’intéresser aux nouvelles idées. Disons qu’ils m’entendent avec une certaine réserve. 

Q Vous remettez en question le développement commercial et domiciliaire de Lévis. Vous craignez l’étalement urbain?

R Lorsqu’on parle du développement économique à Lévis, on parle surtout de développement immobilier. La valeur foncière est faible pour des terrains vacants et les grands domaines. Il faut faire attention aux gens qui achètent des terrains et font dézoner pour pouvoir construire des grands ensembles résidentiels et commerciaux. Ce n’est pas du développement. Ça s’appelle de la spéculation et l’accaparement du territoire. Il y a encore tant à bâtir au centre-ville.

Q Poursuivrez-vous votre implication politique si vous perdez l’élection?

R J’ai une vision articulée et une capacité de réflexion sur l’avenir de la Ville de Lévis. Ma candidature est crédible, même si je ne suis pas connu et il y a un pourcentage de la population ouvert au changement. Je vais évaluer mon implication selon les résultats du vote.

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Les citations de la semaine

«Entendre des politiciens mentir sur des faits juste pour faire du spin et pratiquement gêner ceux qui veulent du transport en commun, je trouve ça de la petite politique cheap»

— Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement, à propos de Jean-François Gosselin

«J’aurais pensé que mes adversaires auraient dit: “Hein, ben oui, c’est le fun de l’entendre parler de transport en commun”. Et oui, c’est vrai que l’autobus est le meilleur moyen à Québec»

— Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, dans sa réplique