À son premier droit de parole comme indépendant, l’ex-vice-président du comité exécutif a tenu à remercier ses anciens collègues sur une base individuelle. Mais pas le maire.

Jonatan Julien salue tout le monde… sauf Labeaume

La rentrée de Jonatan Julien à l’hôtel de ville comme conseiller indépendant s’est passée tout en douceur avec un concert d’éloges pour ses anciens collègues d’Équipe Labeaume. Chacun a eu droit à de bons mots... sauf le maire.

«Jérémie [Ernould], félicitations pour tes nouvelles fonctions. J’ai toujours apprécié ta compagnie, nos marches en forêt au petit gibier. Sylvain [Légaré], au-delà de toutes tes qualités, c’est ton amitié précieuse que j’apprécie le plus.»

À son premier droit de parole comme indépendant, l’ex-vice-président du comité exécutif a tenu à remercier ses anciens collègues sur une base individuelle. À son tour, la présidente de l’assemblée, Geneviève Hamelin, a remercié M. Julien pour les commentaires positifs.

Tous s’attendaient peut-être à ce que le conseiller de Neufchâtel-Lebourgneuf règle ses comptes avec Régis Labeaume. Il y a deux semaines, il quittait la formation politique du maire après avoir été blâmé publiquement par ce dernier pour ce que plusieurs considèrent comme les ratés du dossier de la centrale de police dans Lebourgneuf. Le coût du projet est passé de 40 millions $ à maintenant près de 80 millions $. De plus, le terrain acquis pour sa construction semble étroit pour accueillir tous les véhicules dans un stationnement de surface.

La centrale sur la glace

À ce sujet, le maire a confirmé, mardi, que le projet était sur la glace le temps de revoir tous les paramètres du projet. La semaine dernière, M. Labeaume avait confirmé reprendre le dossier sur son bureau. Toutes les options sont sur la table, y compris changer de site.

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, a accusé M. Labeaume d’avoir caché pendant neuf mois l’explosion des coûts du projet. Selon la compréhension du chef de Québec 21, M. Labeaume savait déjà depuis le printemps 2017 que le coût de la centrale serait en forte hausse.

La semaine dernière, il a obtenu la certitude qu’il y aura un comité plénier d’ici l’automne pour faire le point sur le dossier. De son côté, le conseiller Jonatan Julien réitère son inquiétude quant à un éventuel retard de construction si le projet devait se faire sur un autre terrain que celui voisin du quartier général de la Sûreté du Québec.  

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VIEUX-LIMOILOU: 1400 NOMS CONTRE UN PROJET DE TOUR

Jonatan Julien en compagnie d'Yvon Bussières, autre indépendant à l'Hôtel de ville de Québec.

Un groupe de citoyens a déposé mardi une pétition de 1400 noms au conseil municipal de Québec pour s’opposer dans sa version actuelle à la construction d’une tour d’habitation de 18 étages sur le site de l’église Saint-François d’Assise de la 1re Avenue.

Le groupe en question, Action Limoilou, avait fait l’objet d’un reportage du Soleil en février. L’un de ses initiateurs, Dominic Martin, avait mis en ligne une pétition contre le projet de tour de 123 unités du promoteur ACERO Groupe Immobilier. La mobilisation a porté ses fruits puisque la pétition compte 1400 signataires. 

M. Martin, voisin de l’Hôpital Saint-François d’Assise, rue Leclerc, estime que la tour ne s’harmonise pas à son environnement. De plus, il dit craindre pour la sécurité des usagers plus vulnérables comme les écoliers de l’école de la Grande-Hermine et les aînés à cause de la hausse du trafic anticipé.

«C’est un projet démesuré et écrasant qui ne respecte pas le charme du Vieux-Limoilou», a déclaré le résident, qui souhaite un développement qui s’intègre davantage au cadre bâti, principalement composé de duplex et de triplex.

Il demande maintenant à la Ville d’organiser une consultation publique afin que ce projet réponde aux besoins du quartier. Pour un site exceptionnel, M. Martin juge qu’il faut un «projet exceptionnel».

Ce qui dérange surtout, c’est la hauteur de l’édifice projeté. On l’avait remarqué en janvier lors d’une séance d’information donnée par le promoteur, Benoît Raymond. Cette troisième mouture du projet comporte pourtant des améliorations sur les précédentes, rejetées par le comité d’urbanisme. 

M. Raymond avait pourtant voulu rassurer les quelque 70 citoyens présents qu’il n’y aurait aucune perte d’ensoleillement, ni la création d’un corridor de vent. 

Il avait aussi expliqué que les deux premiers étages seraient consacrés à de l’occupation commerciale et formeraient un toit végétal accessible aux résidents des 16 autres étages, qui seront consacrés à l’occupation résidentielle.

Il promettait également 119 espaces de stationnement et une œuvre d’art public, érigée à la suite d’un concours en collaboration avec le Cégep Limoilou, devant l’immeuble sur la 1re Avenue.

Dérogation

Pour réaliser ce projet, ACERO doit obtenir une dérogation de la Ville de Québec. Le zonage dans le secteur prévoit un maximum de cinq étages, soit 13 de moins que le projet. Le maire Régis Labeaume semblait, à l’époque, ouvert à une dérogation sans s’avancer sur le nombre d’étages qui serait autorisé. 

Mardi soir, la conseillère du quartier, Suzanne Verreault, a révélé, contre toute attente, que M. Raymond tentait de joindre le groupe Action Limoilou pour discuter d’une quatrième mouture du projet. «Je crois que le promoteur veut obtenir une acceptabilité sociale forte et que vous lui transmettiez vos préoccupations.» 

Cette rencontre devrait avoir lieu prochainement.

Pour le maire de Québec, ce dossier controversé témoigne «des valeurs contemporaines de densification et de développement durable sur lesquels il faudra éventuellement avoir une discussion de fond pour la grandeur de la Ville.»

M. Labeaume souhaite visiblement plus de densification le long de la 1re Avenue, là où le tramway doit passer.

Vue d'ensemble de la salle de conseil municipal à l'Hôtel de ville