Sur les diverses plateformes du Soleil, dans les courriers du lecteur et plusieurs messages envoyés aux journalistes, le coeur n'est pas au rêve olympique.

Jeux d'hiver: les citoyens restent de glace

Régis Labeaume aura visiblement fort à faire s'il souhaite aller plus loin avec une candidature olympique après sa rencontre à Lausanne en avril. Les premiers échos des citoyens de Québec montrent en tout cas bien peu d'enthousiasme à voir Québec replonger dans l'aventure des Jeux d'hiver.
L'exercice n'a rien de scientifique. Mais 24 heures après l'annonce d'un voyage du maire de Québec pour rencontrer le Comité international olympique (CIO), le constat était clair : on ne veut pas des JO. Pour l'instant, du moins. Sur les diverses plateformes du Soleil, dans les courriers du lecteur et plusieurs messages envoyés aux journalistes, le coeur n'est pas au rêve olympique.
«Le CIO cherche à qui les donner. C'est un gouffre sans fin, ces Jeux!» a lancé un lecteur. «On a même pas fini de payer la dette de ceux de Montréal de 1976, mais c'est pas grave, on aime s'endetter au Québec...!» ironise un autre. 
Même si Québec est loin d'être dans la course et que M. Labeaume rencontrera le président du CIO, Thomas Bach, pour l'entendre expliquer les nouvelles règles pour des Jeux plus «modestes», la nouvelle a été perçue comme un désir de rouvrir la porte à des Jeux d'hiver en 2026. La simple évocation de la visite du maire a fait le tour de la province.
Au point où il s'agissait du troisième sujet le plus médiatisé de la dernière journée selon Influence communication. Tout juste derrière la suite des attentats de Bruxelles et l'acquittement de Jian Ghomeshi.
«Moi, je ne vois pas de flamme nulle part. Je n'ai croisé personne qui les voulait encore depuis hier», a écrit un autre lecteur.
Il ne s'agit que de quelques exemples, mais qui traduisent tout de même un fort scepticisme de la population devant cette annonce qui fait jaser. Il faut dire que si jamais Québec allait de l'avant avec une éventuelle candidature, il faudrait avant tout «une acceptabilité sociale forte et indéfectible de la part de la population», soutient le maire.
Et Régis Labeaume l'a dit jeudi, il reste lui-même «à être convaincu» par Thomas Bach qui exposera la nouvelle vision du CIO. Le principal changement est notamment la possibilité de jumeler deux villes afin de partager les coûts et les infrastructures sportives. Jeudi, le maire de Québec a évoqué Lake Placid, Toronto ou Vancouver comme partenaires potentielles.
Plan B aux Nordiques?
D'autres lecteurs se sont montrés sceptiques, voire un brin cyniques, évoquent aussi le lien entre le fait de reparler des Olympiques et l'apparente stagnation du dossier du retour des Nordiques. «Avec les profits, ils vont acheter un club de hockey», écrit un lecteur, Marcel Pitre, sur la page Facebook du Soleil. «Labeaume rêvait des Nordiques; alors il nous a endettés pour un Colisée. Maintenant qu'il n'y aura pas de Nordiques de sitôt, il se cherche une autre façon de sembler important», a renchéri Sébastien Lapierre.
Questionné à ce sujet jeudi lors de l'annonce de son voyage en Suisse le 11 avril, Régis Labeaume a dit que «hockey, pas hockey, ça ne change rien pour les Olympiques», rappelant que sa partie du boulot était de doter Québec d'un amphithéâtre de haut niveau.
«Regardez, l'amphithéâtre fonctionne, il marche très bien. Le hockey, moi, je n'y peux plus rien», a-t-il répondu en allusion aux démarches auprès de la Ligue nationale de hockey maintenant responsabilité de Québecor. «Quand même je resterais des nuits debout à me demander si on a un club de hockey, je n'y peux plus rien. Moi, ma job est faite, l'amphithéâtre est livré, ça marche.» 
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