«Je ne suis pas nécessairement un émotif dans ces affaires-là, mais quand j'ai vu les résultats, j'avais le goût de pleurer», a affirmé Jeff Fillion.

Jeff Fillion sévèrement blâmé pour ses propos envers les femmes autochtones

Pour ses propos «racistes, sexistes, dégradants et haineux» tenus en ondes le 15 novembre 2016 à l'égard des femmes autochtones, l'animateur Jeff Fillion et la station CHOI 98,1 ont été sévèrement blâmés par le Conseil de presse du Québec.
Lors de son émission Fillion, l'animateur commente les allégations formulées par des femmes autochtones à l'émission Enquête de Radio-Canada sur des agressions sexuelles dont elles disent avoir été victimes de la part de policiers de Val-d'Or, en Abitibi.
Jeff Fillion avance notamment que les policiers n'ont pu commettre des agressions parce qu'ils sont beaux contrairement aux victimes alléguées. Pour étayer ses propos, il évoque une conversation privée qu'il a eue avec un représentant des forces de l'ordre.
«Ce que le gars me disait, il dit : je regarde autour de moi, c'est tous des beaux gars. [...]. Mettons que là-dedans, il y en a qui ont envie de tromper leur femme. Je veux pas être méchant, mais ils feront pas ça avec quelqu'un qui a sans doute des problèmes d'hépatite, [...] des dents pourries [...]. Le terme qu'on va utiliser : déboîtées. Vraiment maganées.»
Le Conseil de presse estime que ces propos «sont extrêmement dégradants, méprisants et viennent encourager les préjugés envers les femmes des Premières Nations». L'organisation relève que «sans constituer directement une incitation à la violence, de tels propos sont néanmoins susceptibles de la banaliser, ce qui est tout aussi déplorable».
Le Conseil juge également que le mépris dont il est question «est d'autant plus répréhensible qu'une telle situation commandait au contraire une grande sensibilité».
Un blâme sévère a donc été adressé à Jeff Fillion et à la station CHOI 98,1 FM pour ses propos «entretenant les préjugés et portant atteinte à la dignité des personnes». Le Conseil de presse justifie la sévérité de sa semonce en raison de la «gravité de la faute et du fait que l'animateur et la station de radio qui l'emploie n'en sont pas à leurs premières fautes en ces matières».
Le Conseil a aussi déploré le refus de collaborer de la station CHOI 98,1 FM dans le dossier.