Le chef du NPD Jagmeet Singh a rencontré le maire Régis Labeaume à l'hôtel de ville de Québec, vendredi matin.

Jagmeet Singh refuse le «statu quo facile» de ne présenter que des candidats masculins [VIDÉO]

Alors que le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’a toujours aucun candidat officiel dans la région de Québec à quelques jours du déclenchement des élections, son chef était en ville, vendredi. Jagmeet Singh affirme que la difficulté de recruter des femmes ralentit le processus. Il s’en fait quand même une mission.

«Ce serait plus facile d’avoir des candidats [masculins] tout de suite, mais c’est vraiment important pour moi d’augmenter la présence des femmes dans la vie politique», a justifié M. Singh, à sa sortie d’une rencontre d’une trentaine de minutes avec le maire Régis Labeaume, à l’hôtel de ville.

«Ce serait facile de recruter des hommes, puisque la majorité des députés sont des hommes», poursuit le chef du NPD, qui vise la parité entre candidats féminins et masculins au sein de son parti.

«Ce que j’ai vu au gouvernement et à la Chambre des communes, c’est qu’il y a un manque de femmes dans les positions de pouvoir. Je rencontre des femmes tellement qualifiées et qui ont beaucoup de compétences. Mais elles ne se voient pas comme candidates parce qu’il n’y a pas de femmes députées. Elles se disent : “Non, non! Je ne suis pas compétente pour ce travail.” Mais je leur dis : “Oui, vous l’êtes!” C’est difficile de se voir devenir députée s’il n’y a pas de députées comme vous. Il s’agit d’un problème que je prends au sérieux.»

Sur son site Internet, le Nouveau Parti démocratique du Canada affichait dans la journée de vendredi la tête de 161 candidats sur les 338 circonscriptions à travers le Canada, soit moins de la moitié. Du lot, seulement 27 sur 78 au Québec, dont 17 femmes sur les 27. Et zéro parmi les huit comtés de la région. Le plus près est le cinéaste et militant écologique Hugo Latulippe, qui se présente dans Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup.

Sur les six circonscriptions de la Rive-Nord à Québec, les six néodémocrates élus avec la vague orange de 2011, trois femmes et trois hommes, ont tous été coulés quatre ans plus tard, remplacés par quatre conservateurs et deux libéraux, dont une seule femme.

Singh a promis vendredi d’être en mesure de présenter 302 candidats «dans cinq jours», soit dans près de 90 % des 338 circonscriptions au Canada, et que le Québec aurait «très bientôt» ses 78 candidats du NPD.

Transports

Passer une demi-heure avec le maire Labeaume a bien sûr mené Jagmeet Singh sur la voie des enjeux de transport, sujet très populaire dans la région. Dont la peinture du pont de Québec. Pour un futur gouvernement néodémocrate, ce dossier ne comporte que deux avenues possibles. Légiférer pour forcer le Canadian National (CN), actuel propriétaire de la structure, à s’en occuper ou racheter le pont au CN pour que le gouvernement devienne lui-même en mesure de faire repeindre la structure métallique.

Une fois sur le perron de l’hôtel de ville, M. Singh a bien porté la parole de son hôte, resté à l’intérieur. «Yvon Charest [mandaté dans le dossier du pont par la Ville] va faire des recommandations et je m’engage à prendre au sérieux ses recommandations», assure le chef du NPD.

Quant au troisième lien, son gouvernement n’y mettra pas un sou. Comme «les scientifiques ont fait la preuve» que «construire de nouvelles rues augmente la circulation», «ma préférence est de financer le transport en commun comme le réseau de transport structurant à Québec et le train à grande fréquence».

«Le Québec a aussi une sensibilité pour l’environnement et la volonté de réduire les gaz à effet de serre et la façon de réussir ça est aussi le transport en commun», ajoute M. Singh.

«Similarités» avec la CAQ

Le chef du NPD a par ailleurs redit considérer «triste» la loi québécoise sur la laïcité de l’État, lui qui porte un turban symbolisant sa religion sikh. Mais même s’il croit qu’elle «divise la population», l’idée d’une contestation juridique de la loi 21 de la part d’un éventuel gouvernement néodémocrate n’est pas au menu. M. Singh veut respecter cette compétence provinciale.

«Il y a des enjeux sur lesquels nous ne sommes pas d’accord avec la CAQ, mais on peut trouver quelques similarités en matière d’immigration. Je pense que ça va être un peu surprenant, mais il y a un truc où on peut travailler ensemble et on va l’annoncer samedi. Ce n’est pas sur tous les aspects, mais on partage certaines idées» avec le gouvernement québécois de la Coalition avenir Québec (CAQ), a-t-il annoncé, avant de prendre la route pour Drummondville.

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GUYLAINE DUMONT DIT NON

Alors que le chef Jagmeet Singh révélait vendredi matin ses efforts et difficultés à recruter des candidates féminines en vue des élections bientôt déclenchées, le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada a essuyé en après-midi le refus de Guylaine Dumont de se présenter sous la bannière orange dans Lévis-Lotbinière.

Parmi les meilleures joueuses de volleyball que le Canada ait portées, la femme de 51 ans habite Saint-Antoine-de-Tilly depuis plusieurs années. Elle a joué pour les Élans du Cégep Garneau et le Rouge et Or de l’Université Laval, dans les années 1980, avant une fructueuse carrière professionnelle en Italie et au Japon, en plus de faire partie du programme de l’équipe nationale canadienne durant une quinzaine d’années. Un public plus large l’a connue en 2004, lors de sa participation aux Jeux olympiques d’Athènes en volleyball de plage. Où, à 36 ans, elle a décroché une cinquième place avec Annie Martin, de 14 ans sa cadette.

Dumont est aujourd’hui thérapeute en relation d’aide, conférencière et entraîneuse. «J’aimerais que plus de femmes se fassent confiance en politique, mais il y a une partie de moi qui les comprend [de ne pas se présenter]. Je suis plutôt celle qui apportera une plus grande confiance aux femmes, ç’avait été une motivation lors de mon retour pour les JO de 2004», a-t-elle affirmé au Soleil. Elle-même victime comme athlète, elle se prononce contre les abus dans le sport sur plusieurs tribunes. Olivier Bossé

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LE NPD DANS LE ROUGE DE 4,6 M$

OTTAWA — Le Nouveau parti démocratique (NPD) a terminé la dernière année en s’enfonçant davantage dans le rouge.

Selon le bilan financier annuel du parti affiché sur le site internet d’Élections Canada, la dette du NPD s’élevait à 4,5 millions $ à la fin de 2018.

Le bilan financier annuel du parti affiché sur le site Web d’Élections Canada indique qu’il avait terminé l’année 2018 avec un actif d’environ 4,7 millions $ et un passif total de 9,2 millions $, ce qui signifie qu’il avait terminé l’exercice avec un actif net négatif de 4,5 millions $.

Troisième déficit

Il s’agit de la troisième année consécutive où le parti a déposé un bilan financier annuel dans lequel l’actif total était inférieur au passif total.

Le NPD a terminé l’année 2017 avec un actif net négatif d’environ 3,1 millions $.

Il s’agit également du pire bilan financier du parti depuis 2001, soit la première année pour laquelle les données sont disponibles en ligne.

Les conservateurs ont terminé l’année 2018 avec un actif net de 5,1 millions $ et les libéraux, de 1,7 million $.

Le bilan révèle que les néodémocrates ont dépensé environ 1,4 million $ de plus que l’an dernier, son déficit d’exploitation étant à peu près identique à celui de 2017.

La situation financière difficile du NPD survient alors que la capacité du parti à recruter des candidats pour se présenter aux élections du 21 octobre est mise en doute. La Presse canadienne