Le Dr Jacques Simard a reçu le prix Grand lauréat décerné par Le Soleil et Radio-Canada.

Jacques Simard, grand lauréat 2017

Il y a cette formule triste qui dit qu’une personne a «perdu son combat contre le cancer»... Dans le cas du Dr Jacques Simard, c’est tout le contraire.

Le biologiste qui traque le cancer depuis 25 ans s’est vu décerner lundi soir le titre de grand lauréat 2017 par Le Soleil et Radio-Canada pour son travail de recherche inestimable sur le cancer du sein. 

Dr Simard a accepté son prix avec beaucoup d’humilité devant l’ensemble des lauréats Le Soleil–Radio-Canada rassemblés dans le grand hall du Musée de la civilisation. 

Se disant «plus à l’aise dans un laboratoire» qu’au micro, le chercheur a tenu à partager l’honneur reçu avec l’ensemble de son équipe au Québec, au Canada et à l’international.

C’est que le Dr Simard, qui est directeur adjoint du centre de recherche du CHU de Québec — Université Laval et professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval, s’est distingué en faisant paraître en octobre les résultats d’une vaste étude internationale portant sur la génomique associée à la prévalence du cancer du sein. 

L’«outil de recherche» développé par le biologiste et son équipe permet d’identifier dans l’ADN des femmes des marqueurs qui démontrent que certaines sont plus à risque que d’autres de développer un cancer du sein. 

L’identification de ces facteurs de risque permettrait ainsi d’offrir aux femmes une «approche personnalisée» quant au dépistage du cancer — à partir de quel âge, à quelle fréquence et quelle technologie utiliser — et ainsi de diminuer le surdiagnostic, signale le Dr Simard.

En recevant son prix, le chercheur a souligné un succès de taille : celui d’avoir chapeauté une étude regroupant une quarantaine de pays et des centaines d’équipes dans le monde, et le fait que les efforts de tous ont été mis en commun. «On a l’impression que les chercheurs sont en compétition [entre eux]... mais on compétitionne surtout contre le cancer.»

Personnalités marquantes

En plus du grand lauréat, la 14e soirée du lauréat Le Soleil-Radio-Canada a récompensé huit autres personnalités dont l’influence est marquante dans la région de Québec, voire au-delà. 

Le microbiologiste Gary Kobinger s’est distingué dans la catégorie Science et recherche. Les grands honneurs ont été décernés au président de Rendez-vous 2017, François Moreau, dans la catégorie Société, tandis que Byron Mikaloff et Olivier Dufour ont été préférés dans la catégorie Arts et culture. Les sœurs Catherine et Anne Monna sont les gagnantes dans la catégorie Économie et affaires, tandis que la jeune scientifique Victoria Chouinard s’est vue décerner le prix Jeunesse. Enfin, dans Loisirs et sports, c’est le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges Alex Harvey qui s’est démarqué — celui-ci était d’ailleurs absent, fort occupé qu’il est à se préparer pour les Jeux olympiques de PyeongChang.

Le coup de cœur du jury est allé à la Québécoise d’adoption Olga Milena Peña Velásquez, qui a fait preuve d’une ténacité hors du commun depuis son arrivée dans la capitale il y a six ans, après avoir quitté sa Colombie natale. 

Vibrant témoignage

Le musicien Byron Mikaloff, membre du groupe Les Lost Fingers, a livré de vibrants remerciements au moment de recevoir son prix, qu’il partage avec Olivier Dufour (absent de la soirée). Le duo a orchestré en un temps record le spectacle Ensemble, à la suite de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, qui a réuni quelque 160 artistes de la région pour célébrer l’unité et la diversité de façon mémorable. 

«Les vrais gagnants [de cette soirée], ce sont tous les gens qui sont venus au Capitole [pour le spectacle], tous ceux qui ont fait preuve de compassion», a mentionné M. Mikaloff. 

Très ému, le musicien a aussi remercié l’ancien président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, et sa femme, présents dans la salle, qui ont fait preuve «d’ouverture, de résilience et de calme après la tragédie», survenue il y a bientôt un an. 

M. Yangui a d’ailleurs confié au Soleil que Byron Mikaloff et lui-même étaient devenus de bons amis depuis les événements.

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COUP DE COEUR : OLGA MILENA PEÑA VELÁSQUEZ

› 19 novembre 2017

Olga Milena Peña Velásquez est arrivée au Québec en novembre 2011 avec son conjoint et ses quatre enfants. Orthophoniste dans son pays d’origine, elle a dû non seulement apprendre une nouvelle langue, mais faire d’autres études, car sa formation universitaire n’a pas été reconnue.

Lors de son arrivée au pays commençait un parcours semé d’embûches, mais sa réussite lui a valu le premier prix reconnaissance Pascale-Clément, remis à une personne immigrante dont le parcours a été exceptionnel tant pour son installation que pour son insertion professionnelle. 

C’est un stage au centre L’Évasion St-Pie X qui débloquera tout. Après son stage, elle est embauchée comme éducatrice spécialisée auprès des enfants de 0 à 5 ans. Le milieu où elle exerce, dans St-Pie X, au complexe Bardy, compte plus de 400 logements et une population composée à 68 % de gens provenant de l’immigration. Et elle est la première immigrante embauchée par l’organisme.

Depuis peu, elle a été promue chargée de projet auprès des familles. C’est dans ce contexte qu’elle devient une source d’inspiration et un exemple, car elle peut témoigner des difficultés du parcours, «mais ça se fait avec des efforts et du temps».