Le maire Régis Labeaume se range complètement derrière les arguments du CIUSSS selon lesquels le SIS doit être s’implanter là où se trouvent les besoins.

Injection supervisée: Labeaume tempère les critiques

«Je pense que si on peut sauver des vies, il faut le faire.» Le maire Régis Labeaume a mis son chapeau de sociologue, mercredi, pour défendre le projet de service d’injection supervisée (SIS) dans le quartier Saint-Roch.

Le choix du site du SIS, à l’angle des rues Sainte-Marguerite et Monseigneur-Gauvreau, a fait l’objet de nombreuses critiques, mardi soir, lors d’une première séance d’information donnée par le CIUSSS de la Capitale-Nationale et l’organisme Point de Repères, qui pilotent le dossier.  

Hausse de la criminalité, trafic de drogues, rencontres impromptues avec des usagers de drogues par injection, manque de consultations, proximité avec certains commerces et du futur YMCA; les doléances ont été nombreuses et provenaient autant des gens d’affaires que des résidents du secteur. 

M. Labeaume, qui avait déclaré il y a deux semaines espérer un «consensus» et une «acceptabilité sociale raisonnable», ne s’en est pas formalisé et demeure convaincu de l’importance du SIS.

«Quand t’es sociologue comme moi, tu penses que ça a du bon sens ces affaires-là», a-t-il affirmé mercredi. Il a dit comprendre les craintes formulées mardi, et qui risquent de revenir jeudi soir, lors de la seconde assemblée citoyenne du CIUSSS. «Il n’y a rien de surprenant dans la réaction, mais je la comprends.»

Il a cependant appelé à éviter le «pas dans ma cour». «Je veux juste dire ceci. Le premier objectif, c’est un objectif de santé. Ce qu’on veut empêcher, c’est la contamination par l’échange de seringues. […] C’est une question de sécurité. On veut qu’ils [les usagers de drogues par injection] aillent faire ça dans un lieu sécuritaire, encadré. Il y a des intervenants qui sont sur place. On peut tu essayer de changer leur vie?»

Derrière les arguments

Le maire se range complètement derrière les arguments du CIUSSS selon lesquels le SIS doit être s’implanter là où se trouvent les besoins. On estime que la majorité des consommateurs sont dans Saint-Roch. «Si vous allez ailleurs, ils n’iront pas. Il faut que les gens comprennent ça.» 

Sur le site comme tel, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, M. Labeaume a plaidé qu’il était «relativement isolé» considérant la densité du quartier Saint-Roch. Il a convenu qu’il y aura «toujours» des contradictions avec d’autres activités dans le secteur. «C’est très social, c’est dérangeant, mais c’est encore un beau cas de pas dans ma cour.» 

Régis Labeaume s’est finalement voulu rassurant et dit travailler dans l’intérêt de toutes les parties. «Moi comme maire, mon objectif, c’est de protéger les commerçants et les citoyens et de faire en sorte qu’il n’y ait de monde dans la rue qui [s’injecte] de la drogue […] sous les galeries ou sur les toits des édifices.»

Le maire croit qu’il est encore tôt dans le processus et qu’il y a encore beaucoup de temps pour l’expliquer. «Ça ne fait que commencer.»

L’organisateur communautaire Marc De Koninck a partagé cet avis mardi soir au terme de la rencontre du CIUSSS. Malgré les critiques, ce dernier était heureux de pouvoir entamer le processus d’explications avec les citoyens. Il a assuré que ce qui a été critiqué et proposé sera pris en considération «dans l’offre finale de services». 

M. De Koninck croit également que les rencontres de voisinage et avec les gens d’affaires, prévus plus tard cet été et qui seront plus intimes, permettront d’aller «plus en profondeur».