Lundi, la Ville de Québec a organisé une visite médiatique à l’incinérateur, notamment pour montrer que des investissements de quelque 5 millions $ par année pourraient permettre d’améliorer la performance.

Incinérateur: vers une baisse des rejets toxiques d'ici 2022

Les gestionnaires de l’incinérateur à déchets de la Ville de Québec pensent pouvoir respecter les normes de rejets toxiques d’ici 2022, peut-être 2019.

L’équipement est âgé. Il a été construit en 1974, à une époque où l’élimination de la pollution atmosphérique était moins à la mode, note Carl Desharnais, directeur de Projets industriels et valorisation. Mais l’équipement municipal a été amélioré en 1989 et continue de l’être, plaide-t-il.

Sauf que les quatre cheminées crachent encore des polluants. Parfois du mercure, des furanes et des dioxines. Et beaucoup de monoxyde de carbone.

«Le principal problème de l’incinérateur, c’est le monoxyde de carbone», convient d’ailleurs Gilles Dufour, directeur général adjoint Eau et valorisation énergétique à la Ville. Quand il y a beaucoup de ce gaz à la sortie, c’est un signe que la combustion ne se fait pas bien et que d’autres contaminants pourraient s’échapper.

D’ailleurs, des citoyens du secteur s’en inquiètent. Dans un récent article, nous racontions qu’un groupe demande au Centre hospitalier universitaire de Québec de ne pas acheter la vapeur produite par l’incinérateur pour chauffer son futur mégahôpital de l’Enfant-Jésus. Il serait «contradictoire», disaient les contestataires, qu’un hôpital acquière la production d’une usine polluante nuisant à la santé. Préoccupation partagée par la direction de l’établissement qui a demandé un avis de la Santé publique à ce sujet.

Donc, lundi, la Ville a organisé une visite médiatique à l’incinérateur. Entre autres pour montrer qu’elle essaie de faire mieux, que des investissements de quelque 5 millions $ par année pourraient permettre d’améliorer la performance.

Performance qui n’est pas au point. Pourquoi ? Notamment parce que les 4 fours à poubelles de l’incinérateur ne chauffent pas vite. D’ici 2019, il y aura donc ajout de gros bruleurs au gaz pour que la température grimpe rapidement à plus de 850 degrés Celcius. Au-delà, les gaz nocifs sont brûlés eux aussi, affirme M. Dufour.

Les mêmes bruleurs permettront de maintenir la température lorsque les 150 camions quotidiens déchargent des poubelles mouillées. Ou lorsqu’il y a trop de restes de table humides dans les sacs.

Modernisation

Et puis, reprend Carl Desharnais, il y aura également modernisation des équipements de filtration au charbon ; ceux-ci retiennent des contaminants avant qu’ils sortent par la bouche d’une cheminée.

M. Desharnais fonde cependant plus d’espoirs sur la future usine de biométhanisation ; une grosse usine à compost, en somme qui devrait être à plein régime en 2022. C’est là que seront envoyées les boues issues de la filtration des égouts. Ainsi que tous les petits sacs verts que les citoyens devront remplir de résidus alimentaires. 

Car pour que le plan de l’administration municipale fonctionne, nous devrons tous mettre l’épaule à la roue. La Ville a décidé de conserver l’incinérateur pour brûler les déchets de la grande région de Québec ; il faudra donc y envoyer moins de tout ce qui devrait aller ailleurs.

Bon an, mal an, environ 300 000 tonnes de déchets sont déversées dans l’incinérateur. Dans le tas, pas mal n’importe quoi : beaucoup de matières recyclables, des vélos, résidus de construction, tables, matelas, bombonnes de propane (qui explosent dans les fours), pneus, chauffe-eau, ampoules fluocompactes, piles, pièces de voiture… «Les gens devront les disposer adéquatement», demande M. Desharnais. Pour que les cheminées crachent moins de poison, tout cela devrait être apporté à l’écocentre le plus près.