La façade de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul a été démantelée en 2010.

Îlot Saint-Vincent-de-Paul: l'expropriation se confirme

La Ville de Québec a franchi une importante étape dans la saga du terrain à l’abandon de l’ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, dans le Vieux-Québec. Elle a fait parvenir jeudi un avis officiel d’expropriation à l’hôtelier Jacques Robitaille.

«Là, notre patience est à bout.» C’était en septembre 2016. Le maire de Québec exprimait son ras-le-bol de voir l'îlot à l’angle de la côte d’Abraham et de l’avenue Honoré-Mercier toujours clôturé et à l’abandon. Le propriétaire des Hôtels JARO l’a acquis en 1998.

Le site est considéré comme un emplacement stratégique à deux pas de l’arrondissement historique. Les citoyens du quartier réclament depuis longtemps l’expropriation. Ils considèrent ce trou béant aux portes de la colline parlementaire comme une verrue dans le paysage urbain.

Au fil des ans, l’emplacement a fait souvent les manchettes pour les mauvaises raisons.

Il y a eu le long épisode du litige entourant la conservation de la façade de l’ancienne église, toujours debout jusqu’en 2010. En 2009, le ministère de la Culture du Québec donnait le feu vert à son démantèlement controversé, conditionnelle à la réalisation d'une «oeuvre d'art public évoquant l'esprit du lieu». Une arche de la façade devait être intégrée à un projet hôtelier, qui n’a jamais vu le jour.

La dernière proposition de M. Robitaille remonte à 2014. Il envisageait la construction d’un édifice de 10 étages avec hôtel, logements et commerces. L’architecture devait différer d’un précédent projet, l’Hôtel Boréal, présenté en 2009.

L'îlot à l’angle de la côte d’Abraham et de l’avenue Honoré-Mercier est toujours clôturé et à l’abandon

En 2014, un autre litige prenait fin. La Cour suprême donnait raison à la Ville de Québec qui alléguait que M. Robitaille exploitait illégalement un stationnement sur le terrain de l'ancienne église. 

La saga judiciaire a pris naissance en 2008, quand la Ville a découvert que le propriétaire ne détenait pas de permis pour exploiter un stationnement et que cette activité contrevenait au règlement de zonage du terrain situé dans la côte d'Abraham. L’affaire s’est rendue jusqu’en Cour suprême.

Lors de la campagne municipale de 2017, Régis Labeaume avait promis de transformer en parc le terrain de l'ancienne église et d'y greffer une remontée mécanique pour faciliter les déplacements des piétons et des cyclistes entre la basse ville et la haute ville.

Le maire avait alors évoqué l’importance «de poser un geste urbain très fort pour signifier clairement les intentions de la Ville pour repeupler le Vieux-Québec».  

Jacques Robitaille a 30 jours pour contester l'avis.