Les promoteurs ont nommé à dessein leur projet Tandem, un mot latin qui signifie «enfin» et évoque la collaboration et la coopération.

Îlot Irving: nouveau projet, même promoteur

Un édifice de six étages comptant 84 unités d'habitation fenestrées, une cour intérieure avec verdure, un mur végétalisé, un stationnement souterrain. GM développement revient à la charge avec un nouveau projet pour l'îlot Irving, dans Saint-Jean-Baptiste. Un projet que la conseillère du quartier, Anne Guérette, voit d'un oeil très positif.
<p>Dans la cour intérieure, demandée par les citoyens, on pourra circuler d'un logement à l'autre par des passerelles qui pourraient être chauffées l'hiver à l'aide de panneaux solaires.</p>
Les promoteurs de GM développement, Geneviève Marcon et Jean Campeau, ont rencontré jeudi la presse pour dévoiler les détails de la nouvelle mouture du projet qu'ils prévoient pour le terrain adjacent à la caserne de pompiers de la rue Saint-Jean.
Après le rejet par référendum en février 2012 d'une proposition qui culminait à neuf étages, et une fois passée la déception de voir refusé un projet qu'ils pensaient rassembleur, les promoteurs sont retournés à leur table à dessin. En septembre 2012, les membres du conseil de quartier avaient aussi rejeté une nouvelle version comptant six étages, mais sans logements sociaux.
Cette fois, M. Campeau et Mme Marcon sont convaincus que tout a été pensé pour répondre aux besoins des citoyens du quartier et que ceux-ci accueilleront positivement la nouvelle proposition. Déjà, la conseillère Anne Guérette, qui avait milité contre la version de neuf étages, s'est montrée enthousiaste. «Je pense que ce projet-là devrait susciter une bonne adhésion», a-t-elle commenté. D'abord, dit-elle, le gabarit proposé se marie beaucoup mieux au bâti environnant. «Les gens sont très sensibles au gabarit.» Ensuite, la cour intérieure est un ajout intéressant et permettra une meilleure aération des logements, selon elle.
Le projet a été renommé Tandem. Ce n'est pas un hasard, a souri M. Campeau, puisque ce mot latin signifie «enfin» et évoque la collaboration et la coopération.
Au lieu de 70 condos et 20 unités de coopérative d'habitation sur neuf étages, on a opté pour 73 unités de diverses tailles, des lofts jusqu'à des logements de trois chambres. À cela s'ajoutent 11 maisons de ville qui auront pignon sur la rue Richelieu. Mais aucun logement social. Le rez-de-chaussée qui donne sur Saint-Jean ouvrira la porte à des commerces qui se diviseront près de 800 mètres carrés de surface.
Demande citoyenne
La fameuse cour intérieure est une demande des citoyens, souligne Geneviève Marcon. On pourra circuler d'un logement à l'autre par des passerelles qui pourraient être chauffées l'hiver à l'aide de panneaux solaires. On a là misé sur la verdure au sol, mais aussi sur des jardins verticaux composés de vignes. Le tout est pensé pour réduire les îlots de chaleur, tout comme le toit, qui sera blanc et où on trouvera des espaces communautaires verts. Sous le bâtiment, on construira un stationnement souterrain de 72 cases.
Ce que propose GM développement n'est pas un «projet pénitence», affirme Jean Campeau. «On trouve qu'il est encore plus beau que le dernier», ajoute Mme Marcon. «Il est meilleur que les attentes.»
Côté hauteur, le principal irritant qui avait mené à la contestation citoyenne en 2012, on propose maintenant une élévation maximale de 15,5 mètres. Le zonage en permet 13. GM aura donc besoin d'une modification au zonage si elle veut réaliser son projet tel quel. Elle sollicitera aussi un changement réglementaire pour modifier le nombre de logements actuellement permis sur le lot, soit huit, et pour retirer l'obligation d'offrir une vocation commerciale au rez-de-chaussée sur Richelieu.
Qui dit modification de zonage, dit possible consultation populaire. On pourrait donc se retrouver au même point qu'en février 2012 si suffisamment de citoyens se prononcent en faveur de la tenue d'un référendum. «On a tout fait pour éviter une croisade et pour travailler avec la population», soutient Geneviève Marcon.
Selon Anne Guérette, même s'il y aura sûrement «quelques réticences», «je sens que c'est plutôt positif. [...] On le souhaite [qu'un édifice soit finalement érigé sur le terrain vacant depuis des années]. Ça va venir compléter la trame urbaine et ça va venir tisser le lien entre les quartiers. Ça va amener du monde de plus dans le quartier. C'est la preuve qu'on peut faire des projets qui s'intègrent bien».
Conseil de quartier muet
Le président du conseil de quartier, Louis Dumoulin, n'a pas voulu livrer ses commentaires, tenant à les réserver pour la consultation publique qui aura lieu le 8 avril, à 19h, au sous-sol de l'église Saint-Jean-Baptiste. Le conseil de quartier a été mis au courant du projet lundi, lors d'une présentation faite par les promoteurs. Il donnera sa recommandation aux citoyens le 8 avril.
Le Comité populaire de Saint-Jean-Baptiste prêtera aussi une oreille attentive à la présentation du projet. Celui-ci avait appuyé le projet de neuf étages en raison, entre autres, de l'intégration de logements sociaux. Joint jeudi, son porte-parole Mathieu Houle-Courcelles a dit souhaiter attendre d'avoir tous les éléments nécessaires avant de se prononcer.