Les représentantes du Regroupement de citoyens de l’Île d’Orléans, Caroline Roberge et Jeanne d’Arc Delisle, aimeraient que le gouvernement bouge plus rapidement.

Île d'Orléans: la rencontre avec le ministère de la Culture laisse les citoyens en attente [VIDÉO]

Les deux porte-parole du Regroupement de citoyens de l’Île d’Orléans ont enfin rencontré le ministère de la Culture concernant les demandes de permis difficiles en raison des consignes entourant le patrimoine. Même si elles ont finalement été entendues, le dossier est encore loin d’être réglé.

Le 3 juillet dernier, Le Soleil indiquait que l’administration du ministère de la Culture et des Communications était prête à rencontrer les citoyens de l’île. Ces derniers demandaient pourtant une rencontre depuis plus d’un an, sans jamais avoir de nouvelles. Le 10 juillet, Jeanne d’Arc Delisle et Caroline Roberge pouvaient finalement s’asseoir avec la direction générale du Ministère.

«On a d’abord était surprises. On a mentionné aux médias que le ministère était prêt, semble-t-il, depuis longtemps à nous rencontrer et à écouter nos revendications..., indique Mme Delisle. C’est sûr qu’on ne s’entendait pas à ce que tout soit réglé lors de cette rencontre-là. Le Ministère nous a expliqué les démarches qui étaient en cours. On nous a aussi rappelé que le Ministère avait bonifié le programme d’aide financière et qu’on travaillait sur une délégation de responsabilités auprès des municipalités. Ce sont des choses qu’on savait déjà.»

Les résidentes de l’île ont rappelé à la direction générale qu’elles avaient déjà identifié des solutions qui pouvaient être rapidement mises en places pour régler une grande partie des irritants. Mais avant de faire quoi que ce soit, le Ministère semble attendre les recommandations du Conseil du patrimoine culturel du Québec.

À la demande de la ministre Nathalie Roy, le Conseil doit analyser certains cas précis de demandes de construction ou de rénovation.

«On est sorties de là à la fois satisfaites qu’il y ait eu une première rencontre, depuis le temps qu’on la demandait, mais on reste toujours en attente. On nous dit chaque fois “donnez-nous du temps”. On ne peut plus attendre, les citoyens ne peuvent pas reporter constamment les décisions. Pendant ce temps-là, il y a des citoyens qui ont des problèmes, les toits commencent à couler», déplore Mme Delisle. 

Parmi les problèmes, on constate beaucoup de citoyens qui veulent refaire leur toit en bardeaux d’asphalte (matériel actuellement utilisé pour leur maison). Le Ministère exige cependant qu’ils utilisent de la tôle, ce qui représente une fourchette de prix bien plus élevée, même avec l’aide financière du programme mis sur pied pour soutenir les propriétaires de biens patrimoniaux.

Et la suite des choses?

Le Regroupement citoyen attend maintenant des nouvelles de ces recommandations formulées par le Conseil du patrimoine culturel du Québec. Les deux porte-parole pensent pouvoir être éclairées à ce propos avant la fin de l’été. 

«Pas plus tard que mercredi, une citoyenne m’a appelé pour me dire que sa demande d’autorisation pour réparer sa toiture en bardeaux d’asphalte a été refusée. La semaine dernière on nous dit qu’ils sont ouverts et qu’on est entendues... et après il n’y a rien qui a changé. Je rappelle qu’il y a des gens qui sont à l’heure actuelle poursuivis au pénal, l’amende pour avoir fait des travaux qui ne sont pas corrects est de 3000 $, il y a des gens qui se font poursuivre en démolition et les gens se font refuser de réparer leur toit... il faut qu’on règle ces problèmes-là avant de déléguer les pouvoirs aux municipalités. Il y a trop de choses en jeu», soulève Mme Roberge.

Les porte-parole ne sont pas fixées sur les prochaines mesures à prendre, mais elles ne lâcheront pas le morceau. Elles souhaitent que les citoyens puissent entretenir leur maison selon leurs capacités financières.

«Souvent, on entend ça : “À l’île d’Orléans les gens sont riches”, mais non. L’île d’Orléans, d’abord et avant tout, c’est un milieu agricole, à une certaine époque il y avait des marins. Outre la pointe ouest de Sainte-Pétronille qui a été habitée par l’aristocratie, ce n’est pas un haut lieu de richesse», dénonce aussi Mme Roberge.

La force du regroupement

La création du Regroupement de citoyens a permis d’identifier des problèmes partagés par plusieurs. Les citoyens se sont vite rendu compte qu’ils étaient tous dans le même bateau.

«On se sent plus forts, les gens se sentent moins isolés», exprime Mme Delisle.

Grâce à toutes les informations rassemblées, les porte-parole ont pu dresser un portrait complet du problème sur l’île, depuis la parution du nouveau Plan de conservation du site patrimonial de l’île d’Orléans en 2017.

«Individuellement, devant cette grosse machine administrative qu’est le ministère de la Culture, le citoyen seul n’a pas de force. La force de notre regroupement c’est d’être un grand groupe et de dénoncer que ça n’arrive pas juste à une seule personne», termine Mme Roberge.