Michèle Dhaïti estime que l'attentat à la mosquée de Sainte-Foy a permis l'éclosion d'un «élan de générosité et de solidarité» qui fait chaud au coeur. «Ça, c'est très québécois», dit-elle.

«Il ne faut pas stigmatiser Québec»

Enseignante en anthropologie au Cégep Garneau et co-porte-parole du Mois de l'histoire des Noirs de Québec, Michèle Dhaïti ne croit pas que la région vit un problème de racisme, dans la foulée des événements tragiques survenus dimanche, à la Grande Mosquée.
«Il ne faut pas stigmatiser Québec et croire qu'il y a ici un problème avec les étrangers. Les gens l'ignorent peut-être, mais il existe une cinquantaine d'organismes qui représentent la diversité culturelle», mentionne Mme Dhaïti, rencontrée mercredi soir, au Cercle de la rue Saint-Joseph, à l'occasion du lancement des activités de l'événement.
L'enseignante note depuis quelques années une «fréquentation plus assidue» des immigrants, dans le quotidien et au travail, ce qui ne peut que «favoriser une meilleure connaissance» de l'autre. «Il y a des gens qui ont des préjugés énormes, mais ce sont des gens qui ne côtoient pas assez cette différence.»
Mme Dhaïti estime que la tragédie, qui a emporté deux membres de la communauté guinéenne, a permis l'éclosion d'un «élan de générosité et de solidarité» qui fait chaud au coeur. «Ça, c'est très québécois.»
Mobilisation
Présente à la cérémonie, la ministre québécoise de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, a pour sa part indiqué que même si des signalements du Centre de la prévention de la radicalisation avaient noté «un problème de discours haineux ici, dans la région», elle croit plutôt que la population dans son ensemble est de plus en plus mobilisée autour de l'ouverture aux immigrants.
Depuis dimanche, a-t-elle mentionné, les gens ont le goût d'afficher leur solidarité et de «montrer qu'on veut vivre ensemble».