La Ville de Québec a adopté un règlement de contrôle intérimaire pour maintenir une vocation hôtelière au Concorde, ce qui est dans son droit, estime un avocat spécialisé en droit municipal.

Hôtel Le Concorde: un service unilingue anglais «inacceptable»

La direction de l'hôtel Le Concorde considère «inacceptable» qu'un employé unilingue anglais se soit retrouvé en poste, jeudi soir, au dépanneur de l'établissement de la Grande Allée, lors de la soirée d'ouverture du Festival d'été consacrée à l'oeuvre de Félix Leclerc, illustre le porte-étendard de la cause francophone en sol québécois.
Parlant de «cas isolé», sans doute imputable à «un manque de personnel», le directeur général de l'hôtel, Marc Ruest, indique avoir rencontré vendredi matin le propriétaire de la concession pour connaître le fond de l'histoire et régler l'affaire «à l'interne». «C'est inacceptable, c'est sûr et certain.»
En fin de journée, le propriétaire en question n'avait toujours pas donné signe de vie pour livrer sa version des faits. La direction de l'hôtel dit n'avoir reçu aucune plainte à ce sujet.
Cet accroc linguistique est venu aux oreilles du Soleil par l'intermédiaire d'une citoyenne venue assister à la soirée hommage à Félix, sur les Plaines, à un jet de pierre du Concorde. Désireuse de se procurer un parapluie alors que la pluie s'abattait sur Québec, la festivalière s'est rendue au dépanneur situé à l'entrée de l'hôtel, côté Grande Allée.
À son grand étonnement, l'employé en fonction, un homme d'origine étrangère d'une quarantaine d'années, est resté coi devant sa demande. «Au début, je pensais que c'est parce qu'il avait mal compris à cause du bruit. Je suis allé chercher moi-même un parapluie. À mon retour au comptoir, un homme lui demandait s'il y avait autre chose à manger que des chips. Il était incapable de répondre. Le client s'est repris deux, trois fois. Il était très choqué de voir qu'il ne comprenait pas le français.»
«J'ai eu le réflexe de traduire à l'employé la demande du client», ajoute la dame, qui est ensuite retournée au spectacle où les Diane Dufresne, Michel Rivard et autres Yves Duteil célébraient les chansons de Félix et l'importance de défendre la «langue de chez nous»...
«Manque de respect»
Pour la présidente de la Société nationale des Québécois et Québécoises de la capitale, Anne Beaulieu, cet incident linguistique démontre «un manque de respect de la population locale qui mérite d'être servie en français».
«C'est aberrant et inadmissible que ça se passe dans n'importe quelle ville du Québec, mais encore plus dans la capitale nationale. Ça mérite des excuses», dénonce-t-elle. À son avis, le blâme n'a pas tant à être porté par l'employé unilingue que par son employeur, incapable de s'assurer que son personnel soit en mesure d'offrir un service adéquat en français.
Pour sa part, le Mouvement Québec français de la capitale nationale considère l'incident comme la démonstration de l'anglicisation grandissante de la province. «Il ne faut pas fermer les yeux, car même si c'est un phénomène qui touche Montréal, c'est la plus belle preuve que c'est aussi en train d'arriver à Québec», explique son vice-président Sébastien Duchesneau.