«La direction de l’Université Laval trouve inacceptable que des membres de sa communauté aient rendu public ces discussions sur un dossier préliminaire», lit-on plus loin dans le communiqué de presse.

Hommage à Brian Mulroney: l'Université Laval s'excuse

L’Université Laval a présenté «ses excuses», samedi en début d’après-midi, à l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, après que des professeurs de la Faculté de droit se soient opposés à la création d’un Centre de recherche en droit international et transnational, en son honneur.

«L'Université Laval a tourné le dos à la création d'un centre de recherche portant le nom de l'ancien premier ministre Brian Mulroney après qu'une majorité de professeurs de la faculté de droit s'y furent opposés», révélait La Presse, jeudi, semant la controverse sur les réseaux sociaux.

En résumé, après un vote consultatif des professeurs s'étant prononcé contre la création d'un tel centre, la direction de l’établissement universitaire aurait décidé de ne pas lancer le projet. 

«La décision de créer une chaire demeure la prérogative exclusive du Comité exécutif de l'Université Laval», lit-on dans les règlements officiels de l'UL. 

Samedi, l’institution d’enseignement a toutefois assuré vouloir honorer la carrière de l’homme politique par un projet d’envergure, d’ici peu. Un projet qui témoignerait «du caractère exceptionnel» de sa carrière, confirme-t-on. 

«Brian Mulroney est une source de fierté collective pour toute notre communauté universitaire. Ancien premier ministre du Canada, un de nos plus illustres et grands diplômés, il a toujours été très impliqué dans le soutien de notre université, et nous lui en sommes des plus reconnaissants», indique la rectrice de l’UL, Sophie D’Amours. 

L’institution affirme de plus qu’elle demeure convaincue, sans aucun doute, de l’apport inestimable de Brian Mulroney à la société canadienne. Le projet à son honneur visera à former une génération d’étudiant(e)s engagé(e)s dans les nombreuses disciplines où il a connu du succès.

Une erreur de communication

À l’origine, la proposition du Centre de recherche en droit international et transnational a bel et bien été portée avec enthousiasme par plusieurs personnes, recevant l’appui «sans équivoque» de la direction et de la Faculté de droit, certifie l’Université Laval.

Encore au stade embryonnaire, le projet aurait toutefois fait l’objet de maintes discussions à l’interne, au sein de la faculté, qui ont ensuite été rendues publiques. 

Une décision que l’UL souhaite vivement condamner, dans l’optique où rien n’était encore officialisé sur la planche de dessin. 

«La direction de l’Université Laval trouve inacceptable que des membres de sa communauté aient rendu publiques ces discussions sur un dossier préliminaire», lit-on plus loin dans le communiqué de presse.

C’est à la suite de ces actions que l’institution a surtout tenu à présenter ses excuses à Brian Mulroney, mais également à ses proches et à toute autre personne qui aurait pu mal interpréter les intentions dans ce dossier. 

Le privé au coeur du financement

À l’image de sa récente grande campagne de financement, l’Université Laval affirme également reconnaître la contribution importante du financement privé dans la réalisation de ses activités d’enseignement, de recherche et de philanthropie, notamment. 

«Les succès de plusieurs grandes recherches démontrent sans l’ombre d’un doute que le financement privé peut soutenir le travail des chercheurs dans le respect des meilleures pratiques en matière de conduite responsable de la recherche, ajoute la rectrice. La doyenne de la Faculté de droit s’est d’ailleurs engagée à définir des orientations claires en regard du financement privé pour ses entités de recherche.»

Au fil des années, l’UL a reçu des dons financiers importants de Brian Mulroney en personne, plus spécifiquement entre 2000 et 2010. L’établissement a d’ailleurs déjà reconnu les contributions sociales et politiques de l’ancien PM, en lui octroyant un doctorat honorifique, tout comme plusieurs autres universités canadiennes. 

«Ces honneurs ont mis en valeur son expertise et son apport dans les domaines des lettres, des sciences sociales, du droit ainsi que sa contribution internationale comme juriste et négociateur», conclut la rectrice Sophie D’Amours. 

Premier ministre canadien entre les années 1984 et 1993, Brian Mulroney est également diplômé en droit de l’Université Laval.