En octobre, une grue a été installée à l’intérieur du Hilton Québec, par le toit, dans un puits d’ascenseur inutilisé. Elle permettra entre autres de remplacer le revêtement de ciment de l’hôtel, la portion majeure des rénovations.
En octobre, une grue a été installée à l’intérieur du Hilton Québec, par le toit, dans un puits d’ascenseur inutilisé. Elle permettra entre autres de remplacer le revêtement de ciment de l’hôtel, la portion majeure des rénovations.

Hilton Québec: fermer pour mieux revenir [VIDÉO]

Le 1er janvier, les quelque 380 employés du Hilton Québec diront au revoir à l’hôtel du boulevard René-Lévesque. Le deuxième plus grand établissement hôtelier de la Capitale-Nationale fermera ses portes un an «jour pour jour» en vue d’une importante restauration. Dès le 6 janvier, les travaux s’amorceront.

L’hôtel affiche complet, mais la période des Fêtes sera tronquée de quelques jours. Au lendemain des festivités du Nouvel An, le Hilton entamera les travaux.

Une centaine de chambres sont inaccessibles depuis octobre déjà. «La préparation était très importante pour respecter le délai fixé au 1er janvier 2021», rappelle Gina Cuglietta, directrice des ventes et du marketing du Hilton Québec.

La firme LemayMichaud est responsable du design intérieur; Garoy Construction est l’entrepreneur général; puis BGLA Architecture s’occupe du recouvrement extérieur. «C’était important pour les propriétaires de faire affaire avec des entreprises de Québec», ajoute-t-elle. 

InnVest Hotels, une société privée de la région de Toronto, est propriétaire du Hilton Québec depuis 2006.

«Urbain et épuré»

En octobre, une grue a été installée à l’intérieur du Hilton Québec, par le toit, dans un puits d’ascenseur inutilisé. «Nous avons cinq ascenseurs en marche, mais une sixième cage avait été aménagée lors de la construction», poursuit Mme Cuglietta.

Elle permettra entre autres de remplacer le revêtement de ciment de l’hôtel, la portion majeure des rénovations. Il laissera place à un recouvrement en aluminium. Les fenêtres seront aussi entièrement changées. 

Puis à l’intérieur, tout y passera: les 571 chambres et 33 suites, les salles de bain, la tuyauterie, les 21 salles de réunion incluant la salle de bal, le hall, les restaurants, le centre de remise en forme et la piscine située sur le toit de l’édifice construit en 1974. L’hôtel affichera un «style urbain et épuré», résume Mme Cuglietta. 

Le Hilton Québec avait déjà subi quelques transformations entre 2008 et 2011. «Toutes les chambres avaient été rénovées, fait-elle valoir. Les hôtels sont refaits aux 10 ans environ.»

Il est très rare qu’un hôtel ferme ses portes pendant une aussi longue période pour effectuer des travaux de rénovation, selon elle. Elle cite Le Reine Elizabeth à Montréal, qui avait aussi interrompu ses activités entre les étés 2016 et 2017 pour une remise à neuf.

Une fermeture positive

À l’instar de Mme Cuglietta, le directeur des communications et du marketing de l’Office du tourisme de Québec, Éric Bilodeau, voit d’un bon oeil la fermeture temporaire de l’hôtel, et estime que les clients ont bien été accompagnés par l’équipe du Hilton. 

«On l’a vu venir d’avance contrairement au Concorde», dit-il, qui avait annoncé sa fermeture moins de 3 mois d’avance en 2013. Le Hilton a annoncé la fermeture de l’hôtel et la mise à pied temporaire des employés en octobre 2018. Il a collaboré avec le Centre des congrès et les autres établissements hôteliers de la région pour déplacer les réservations.

«La ville n’a perdu aucun des 30 congrès qui étaient déjà réservés en 2020», prévient Mme Cuglietta. «C’est une bonne nouvelle pour le tourisme d’affaires, qui représente 10 % des visiteurs annuels à Québec et 20 % des revenus touristiques», ajoute M. Bilodeau.

L’objectif, selon elle, était de ne pas laisser tomber les clients, et qu’ils demeurent à Québec. 

«Ça pourrait représenter plus d’opportunités pour les autres hôtels du centre-ville et de la banlieue», signale M. Bilodeau, qui ne croit pas que les visiteurs se relogeront dans les Airbnb. «Les gens qui fréquentent les hôtels aiment fréquenter les hôtels», laisse-t-il tomber. 

Une «certaine pression» pourrait peser sur l’industrie hôtelière en août et septembre, selon lui, les deux mois les plus occupés de l’année. Les prix pourraient être plus élevés qu’à l’habitude dans la haute saison.

La ville de Québec compte 16 000 chambres d’hôtel. Leur taux d’occupation annuel se situe autour de 70 %, selon M. Bilodeau.

Accompagner les employés 

La directrice des ventes et du marketing a bon espoir que les employés de l’hôtel reviendront y travailler l’an prochain. «Le Hilton Québec est un bon employeur. On offre beaucoup d’avantages sociaux. Ils sont excités par les rénovations, on va être l’hôtel neuf à Québec.»

À l’annonce de la fermeture, des comités de relocalisation ont été créés pour accompagner l’effectif dans la recherche d’un emploi durant les travaux. Ils avaient aussi l’option de travailler dans les autres hôtels de la bannière à Québec, comme le DoubleTree et le Hamptons Inn & Suites, ou joindre un établissement de la chaîne à l’extérieur de la ville. «Notre chef exécutif, Simon Renaud, est parti à Toronto jusqu’en mai pour remplacer le chef», illustre Mme Cuglietta. 

Une partie de l’équipe des ventes restera en place pendant l’année de fermeture.