Le maire de Lévis Gilles Lehouillier s’est dit fier de présenter le compte de taxes le moins élevé parmi les municipalités québécoises de 100 000 habitants et plus.

Hausse de taxes de 3,5 % à Lévis

Comme en 2018, les taxes résidentielles vont grimper en 2019 à Lévis. La Ville a annoncé, lundi, une augmentation de 3,5 % en moyenne afin d’assurer la pérennité de ses infrastructures et de faire face aux défis liés à sa croissance. Les secteurs commercial et industriel subissent la même hausse par «équité».

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier explique la nécessité d’une telle augmentation à cause d’une faible marge de manœuvre alors que Lévis est en pleine croissance. Il a par ailleurs rejeté la faute sur l’ancien gouvernement du Québec qui n’a pas participé financièrement comme il aurait dû à certains projets. «Il n’y a rien qui explique pourquoi le gouvernement nous a fait faux bond à la dernière minute dans le dossier du viaduc du Saint-Rédempteur, alors que les fonctionnaires avaient un peu près attaché les ficelles dans la réalisation de ce projet», a-t-il justifié.

En 2018, la hausse avait été de 2,8 % alors que l’inflation prévue était de 1,7 %. Pour 2019, l’inflation projetée est de 2,1 % et le budget de la Ville de Lévis totalisera 285,9 millions $. Pour une maison unifamiliale de 288 000 $, le compte de taxes passera de 2648 $ à 2742 $, soit une augmentation de 94 $. 

Les citoyens de Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy sont ceux qui payeront le plus, soit 4 % ou 104 $, tandis que ceux de l’ex-Lévis verseront quasiment 1 % de moins, soit 3,1 % ou 83 $.

La hausse inclut l’ensemble des taux fonciers, à savoir, soit la taxe foncière générale, la comptabilisation des anciennes dettes et les tarifs liés à l’eau, à la gestion des déchets et à l’assainissement. Enfin, précisons que 2 % de la hausse annoncée est attribuable à un vaste programme de réfection des rues et de mise à niveau des infrastructures d’aqueduc et d’égouts entamés depuis quelques années, ainsi qu’à l’ajout de nouvelles infrastructures comme le Quai Paquet, le Complexe aquatique multifonctionnel et le viaduc Saint-Rédempteur.

Le maire Lehouillier s’est dit fier de présenter le compte de taxes le moins élevé parmi les municipalités québécoises de 100 000 habitants et plus. L’écart entre Québec et Terrebonne est de 520 $ selon les calculs soumis. Pour le coût des services municipaux, la Ville de Lévis s’est félicitée d’être la championne pour les dépenses sur la richesse foncière des 10 plus grandes villes du Québec. En comparaison, la moyenne de Lévis est de 1,56 % alors que Sherbrooke est à 2,84 %.

358,3 M$ en immobilisations

L’effort demandé aux contribuables par le maire de Lévis permettra de faire face aux dépenses pour une mise à niveau des axes routiers et des infrastructures d’aqueducs et d’égouts alors que la Ville a ajouté 56 km de rue entre 2008 et 2018 pour répondre au boom immobilier.

Ainsi, au cours des trois prochaines années, 50 millions $ seront investis pour la réfection des rues, des bordures et des trottoirs et 66 millions $ pour la mise à niveau des infrastructures d’aqueduc et d’égouts. Ces deux éléments représentent à eux seuls 33 % du Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2019-2020-2021, pour un investissement total de 116 millions $.

«On doit investir si on veut continuer à croître. On a 6700 unités d’habitations en discussion, et si on n’investit pas maintenant, les projets ne pourront pas se faire, a expliqué le maire de Lévis. De plus, d’ici 15 à 20 ans, s’il n’y a pas d’investissement, 40 % de nos rues seront à refaire.»

Lévis consacrera également 50 millions $ pour le développement et l’amélioration des parcs industriels et 51,6 millions $ aux loisirs et culture. La Ville prévoit entre autres, 31,8 millions $ pour le prolongement de la rue Saint-Omer à quatre voies jusqu’à l’autoroute 20, 10,4 millions $ pour la finalisation des travaux du viaduc Saint-Rédempteur, 18,3 millions $ pour les travaux de construction du Complexe aquatique multifonctionnel dans l’arrondissement Chutes-de-la-Chaudière-Ouest.

En ce qui concerne sa dette, en raison de sa croissance exceptionnelle, la Ville s’est donné un plan d’action pour la gestion de sa dette pour les 10 prochaines années. Ce plan prévoit une diminution des emprunts nets dès 2022, ce qui permettra de stabiliser la dette. En 2019, le service de la dette (capital et intérêts) s’élèvera à 56,1 millions $, soit une hausse de 4,9 millions $. La dette totale consolidée de la Ville de Lévis se chiffre à 443 millions $ au 31 décembre 2017 sur un actif de 1,58 milliard $. «On a prévu de commencer à diminuer la dette en 2027-2028», a souligné le maire Lehouillier, qui classe sa ville parmi les plus saines financièrement au Québec.

Le budget et le PTI de la Ville de Lévis ont été entérinés à l’unanimité au conseil municipal de lundi.