Gilles Lehouillier a rappelé lundi que la Ville de Lévis présente le compte de taxes le moins élevé parmi les municipalités québécoises de 100 000 habitants et plus, après Saguenay et Sherbrooke qui comptent sur les revenus d’une centrale hydroélectrique.

Hausse de taxes de 2,8% à Lévis

Les taxes résidentielles vont grimper de 2,8% en moyenne à Lévis en 2018. C’est la plus forte hausse jamais décrétée par le maire Gilles Lehouillier, qui veut faire face au boom immobilier et investir dans les infrastructures.

Ces dernières années, la Ville de Lévis s’était collée le plus possible à l’inflation. Au lendemain de sa réélection avec 92% des suffrages et fort d’un conseil sans opposition, le maire Lehouillier s’aventure au-delà. Alors que l’inflation est estimée à 1,7% pour la prochaine année, il récoltera 2, % plus de revenus auprès des ménages pour un budget total de 267,8 millions $.

«On avait besoin d’aller se chercher une petite marge de manœuvre», a justifié le politicien, qui n’a fait aucune promesse en la matière en campagne électorale. 

Pour une maison unifamiliale moyenne évaluée à 288 000 $, le compte des taxes passera ainsi de 2575 $ à 2648 $, en hausse de 73 $. À titre de comparaison, les taxes ont augmenté en moyenne de 1,9% ou 48 $ en 2017. 

En tenant compte du poids de la dette des anciennes municipalités sur la dizaine de secteurs de Lévis, les citoyens de Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy sont ceux qui paieront le plus, soit 3,1% ou 78 $, tandis que ceux de Saint-Étienne-de-Lauzon et Sainte-Hélène-de-Breakeyville débourseront un peu moins, soit 2,6% ou 68 $. 

La hausse comprend toutes les charges foncières, soit la taxe générale, les dettes des anciennes villes et la tarification pour l’eau potable, les eaux usées et les déchets. 

Les taxes non résidentielles (commercial et industriel) vont quant à elles croître de 3,5%. «On est encore beaucoup, beaucoup plus bas que Québec et Saint-Augustin», a insisté le directeur général Simon Rousseau. La différence avec la voisine d’en face a été chiffrée à 35%. 

Avec le conseiller municipal Clément Genest, responsable des finances, le maire Lehouillier a passé beaucoup de temps à expliquer que la Ville de Lévis présente le compte de taxes le moins élevé parmi les municipalités québécoises de 100 000 habitants et plus, après Saguenay et Sherbrooke qui comptent sur les revenus d’une centrale hydroélectrique. L’écart avec Québec est de 20% selon les calculs soumis. Pour le coût des services municipaux, Lévis s’enorgueillit d’être la plus économique dans sa catégorie. 

La marge de manœuvre réclamée par le maire permettra de faire face aux dépenses en infrastructures liées à l’explosion du développement résidentiel à Lévis — 1600 unités d’habitation seront mises en chantier cette année, soit le double des estimations. La Ville souhaite également profiter des programmes d’aide des gouvernements provincial et fédéral pour l’eau potable et les eaux usées ou la mise à niveau des arénas, par exemple. «Il y a beaucoup de subventions qui arrivent. On ne peut pas couper là-dedans sinon on les perd», a fait valoir M. Lehouillier. 

PTI de 330 millions $

Le programme triennal d’immobilisations pour la période 2018-2020 totalisera 330 millions $. La construction sans subvention du viaduc de Saint-Rédempteur, une promesse électorale de Lévis Force 10, la mise en chantier du complexe aquatique multifonctionnel à Saint-Nicolas et éventuellement la centrale de police y pèsent lourd. L’administration Lehouillier poursuit également la réfection de réseaux d’aqueduc, égout et voirie ainsi que la réfection de pavage, bordures et trottoirs. Il y en a pour 59 millions $. 

La dette de Lévis, qui atteignait 418 millions $ en 2016 et sera à la hausse pour 2017, continuera d’augmenter jusqu’en 2024, demeurera stable pendant quelques années et devrait commencer à baisser vers 2026 ou 2027. «On n’a pas commencé avant parce qu’il n’y avait pas péril en la demeure», a souligné le maire Lehouillier, qui classe sa ville parmi les plus saines financièrement au Québec. 

Aussitôt dévoilés, aussitôt adoptés, le budget et le PTI de la Ville de Lévis ont été entérinés à l’unanimité au conseil municipal de lundi.  

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CINQ PRINCIPAUX PROJETS 2018-2020

34,9 millions $ pour la réfection de réseaux d’aqueduc, égout et voirie 

32,8 millions $ pour la construction du complexe aquatique multifonctionnel à Saint-Nicolas

27 millions $ pour le viaduc de Saint-Rédempteur

24 millions $ pour la réfection de pavage, bordures et trottoirs

19,5 millions $ pour la construction de la centrale de police (phase 1) 

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PLUS CHER POUR LE VIADUC SAINT-RÉDEMPTEUR

Au moment d’annoncer qu’elle allait payer seule le viaduc de Saint-Rédempteur, qui n’a pas passé la rampe au Conseil du Trésor, la Ville de Lévis faisait état d’une facture de 17 millions $. Le maire Gilles Lehouillier a précisé lundi que c’est le montant du contrat de construction après un appel d’offres remporté par l’entrepreneur Pomerleau. En ajoutant les honoraires professionnels pour la préparation du projet, il faut plutôt parler de 21 millions $. Et ce n’est pas tout. Il y a aussi des acquisitions de terrains et des frais de déplacement d’utilités publiques, notamment les fils souterrains d’Hydro-Québec. Nouveau et ultime total: 27 millions $. «Nous, quand on annonce le projet de construction, c’est celui du lien comme tel», a motivé l’élu lévisien.

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PRIVILÉGIER LES PROJETS IMMOBILIERS PLUS DENSES

Après la mise en chantier de plusieurs développements immobiliers où la résidence unifamiliale est à l’honneur, la Ville de Lévis va privilégier les projets plus denses au cours des prochaines années. «Il faut que vous vous attendiez à avoir beaucoup de densification dans notre ville, notamment dans les grands pôles urbains, dans le pôle Chaudière et dans le pôle de Miscéo. C’est déjà commencé : on prévoit plusieurs milliers d’unités d’habitation dans ces pôles-là», a fait savoir le maire Gilles Lehouillier lors de la présentation du budget. L’objectif est de concentrer le développement pour favoriser l’usage du transport en commun, mais aussi de limiter les investissements municipaux dans les infrastructures. 

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250 000 $ POUR LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT DE LÉVIS

L’administration Lehouillier augmente de 250 000 $ ou 2,4% sa contribution au budget d’opération de la Société de transport de Lévis (STLévis) pour l’année 2018. Les investissements requis pour l’amélioration du transport en commun à Lévis se retrouveront dans le programme triennal d’immobilisations de la société de transport qui sera bientôt adopté. Il est question de voies réservées, de bus articulés et de priorité aux feux de circulation. Les travaux pourraient débuter dès 2019 sur le boulevard Guillaume-Couture et la route des Rivières si le gouvernement du Québec répond présent. Le maire de Lévis a dit calculer «grosso modo une centaine de millions $», le tout remboursable dans une proportion de 75 à 90%.