Les véhicules ont convergé lundi matin devant l’Assemblée nationale et les bureaux du ministère des Transports, bloquant plusieurs voies de circulation.

Handicapés et voyageurs pris en otage

Chaque journée de grève des taxis, comme celle de lundi, pénalise les personnes handicapées et les voyageurs.

Dans la seule journée de lundi, le Service de transport adapté de la capitale (STAC) a dû annuler 2145 déplacements en tout genre, y compris pour des raisons de travail et les activités au centre de réadaptation en déficience intellectuelle. 

La situation s’explique du fait que le service est couvert à 85 % par les compagnies de taxis, explique le président du Réseau de transport de la Capitale, Rémy Normand, au moment de dresser ce bilan plutôt sombre.

Dès vendredi, le RTC avisait sa clientèle que «seuls les déplacements de nature médicale et travail sont effectués. La priorité est donnée aux demandes de réservation de transports de nature médicale.»

Pour pallier la grève, le RTC a mis en circulation 29 minibus et loué six autocars de style Coach pour augmenter sa capacité de transport. Ainsi, il pouvait quand même répondre à la demande de sa clientèle sans limitation physique, vivant avec une déficience intellectuelle.

Pour l’heure, M. Normand n’était pas en mesure de dire si le RTC appliquera les clauses qui permettent d’imposer des pénalités pour le non-respect du contrat.

Des voyageurs stressés

Les voyageurs au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Québec devaient aussi envisager un plan B. «C’est sûr que c’est une situation stressante pour les gens. Ceux qui partent craignent de manquer l’avion et ceux qui arrivent doivent trouver un moyen de retourner à la maison ou se rendre à leur hôtel», explique la porte-parole de l’aéroport, Laurianne Lapierre.

Dans l’aérogare, l’équipe de l’expérience client est plus nombreuse pour guider les passagers. De plus, les entreprises de location automobile ont été contactées la semaine dernière pour assurer un parc de véhicules suffisants et combler l’absence de taxis. 

Évidemment, il reste toujours les chauffeurs Uber, présents à l’aéroport, et les navettes dépêchées par certains hôtels pour accueillir leur clientèle.

Mme Lapierre ajoute qu’il y a eu la semaine dernière des communications avec le réseau de transport de la Capitale pour bonifier le service, mais que ça ne semblait pas possible.

«Nous n’avons pas la capacité de desservir l’aéroport, reconnaît M. Normand. Je prends des moyens exceptionnels pour desservir la clientèle la plus vulnérable. Je me sentirais très mal, en mon âme et conscience, d’aller donner du service à des touristes à l’aéroport alors que des personnes a mobilité réduite restent sur le bord du trottoir», a-t-il conclu.

Perturbations senties

Tôt lundi, les chauffeurs de taxi ont perturbé la circulation sur plusieurs routes de Québec, notamment sur l’autoroute Laurentienne et la colline parlementaire, compliquant l’arrivée au travail de bien des citoyens.

Les véhicules ont convergé en matinée devant l’Assemblée nationale et les bureaux du ministère des Transports, bloquant plusieurs voies de circulation. Les autorités invitaient les automobilistes à éviter ce secteur. 

Durant l’heure de pointe, des chauffeurs de taxis se sont rassemblés sur plusieurs grandes artères de la ville et ont ralenti en même temps, entraînant des bouchons de circulation. 

Sur l’autoroute Laurentienne, en direction sud, un groupe d’environ 30 chauffeurs de taxi a roulé à environ 5 km/h sur plusieurs kilomètres. Ce moyen de pression a créé un embouteillage important à la hauteur de la rue de la Faune.  Avec Marc Allard