Yvon Bussières

Guérette perd Bussières

Yvon Bussières tourne le dos à Anne Guérette. Le vétéran conseiller municipal quitte Démocratie Québec pour siéger comme indépendant. Et c'est à ce titre qu'il se présentera aux prochaines élections de novembre 2017. S'il se présente.
Cette décision survient un mois après l'élection de la nouvelle chef de la formation d'opposition, Anne Guérette. Le 4 décembre, elle l'a emporté devant l'avocat François Marchand. Le parti se retrouve donc avec seulement deux élus à l'hôtel de ville de Québec.
Mais en entrevue au Soleil, Yvon Bussières assure que le résultat de la course à la chefferie n'a rien à voir avec sa décision qu'il a annoncée à sa chef Anne Guérette le 22 décembre après le dîner de Noël des élus municipaux. «Je n'ai pas d'animosité envers l'équipe. Je ne pars pas en claquant la porte», a illustré mercredi celui qui a été élu la première fois en 1993 sous la bannière du Rassemblement populaire de Québec alors dirigé par Jean-Paul L'Allier.
N'empêche, ce choix de l'élu de Montcalm-Saint-Sacrement de quitter Démocratie Québec peut étonner alors qu'il était chef par intérim de la formation jusqu'à l'élection de Mme Guérette. «Je suis heureux de mon passage avec Démocratie Québec. Je quitte dans un bon moment», a-t-il soutenu. Pendant la course à la direction cet automne, le parti a triplé son nombre de membres, le faisant passer de 353 en septembre à plus de 1100 au moment du scrutin du 4 décembre.
En tant que chef intérimaire, M. Bussières estime avoir conservé l'unité du parti. Il s'était aussi gardé un devoir de réserve pendant la course en n'appuyant aucun des deux candidats.
Le «bien commun» 
Mais quitter le bateau malgré la santé du parti n'est pas contradictoire, selon Yvon Bussières qui préfère axer sa décision sur les avantages de redevenir indépendant, ce qu'il a été de 2009 à 2013. Il avait alors quitté le Renouveau municipal (RMQ), décimé dans la foulée de l'arrivée de Régis Labeaume à la mairie. 
«Je retrouve mes ailes pour être libre et voir s'il y a une place pour des candidats indépendants au conseil municipal», a dit M. Bussières convaincu de pouvoir tirer son épingle du jeu. «Je veux y aller pour le bien commun, pas dans une ligne partisane. À un moment donné, il faut être au-dessus, que les débats se fassent franchement.»
Et à l'entendre, on ne doute pas une minute que le conseiller a envie de briguer de nouveau les suffrages, même s'il se donne encore jusqu'au printemps pour décider. «La condition était la santé et la santé est revenue», a dit celui qui ne cache pas avoir réfléchi à son avenir politique. Les gens de son district semblent aussi souhaiter qu'il poursuive, a-t-il laissé entendre.
M. Bussières compte aussi dans la balance son implication sociale et communautaire, notamment au sein de l'Église catholique alors qu'il vient d'être nommé marguillier de la paroisse Saint-Sacrement. 
À ce titre, siéger comme indépendant donne davantage de temps à l'extérieur de l'hôtel de ville pour ces différentes occupations. «Ça prend beaucoup de temps, un parti. C'est beaucoup d'heures», a-t-il dit, préférant visiblement la souplesse du statut d'indépendant.
Et le politicien d'expérience avance aussi que joindre la très dominante Équipe Labeaume n'est pas sur son radar. 
«Il ne m'a pas téléphoné encore, ça me surprendrait!» a conclu M. Bussières, un sourire dans la voix au bout du fil. 
Le maire de Québec ne commentera pas la nouvelle a dit mercredi l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin. 
À titre d'indépendant, Yvon Bussières conserve son budget de recherche de 42 000 $ par an.
Ses anciens collègues surpris
La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a été «surprise» par le départ d'Yvon Bussières, elle qui voit ainsi le parti qu'elle dirige perdre le tiers de ses élus.
«J'ai été surprise parce que tout allait bien. Il n'y a pas de chicane entre M. Bussières et moi et l'équipe», a réagi Anne Guérette mercredi. 
«M. Bussières est venu à mon bureau pour me faire part de sa décision. Il venait de déposer au greffe sa lettre pour informer la Ville qu'il allait siéger comme indépendant», a-t-elle poursuivi. La décision, dit-elle, était prise et sans appel. Le nouveau statut de M. Bussières était en vigueur le lendemain, 23 décembre.
Le conseiller devait en faire l'annonce officielle dans quelques jours, mais la nouvelle a été éventée par TVA mercredi midi.
«Ça semble une décision vraiment personnelle et mûrie», a poursuivi Mme Guérette. «Tout se passait super bien. Il a été chef par intérim du parti. Il a participé à la campagne.»
Même surprise du côté de Paul Shoiry, aussi conseiller de Démocratie Québec à l'hôtel de ville. «Je vous avoue que je ne l'ai pas vu venir», a-t-il commenté.
«Honnêtement, ça allait bien. On faisait un beau trio, la transition s'est faite de façon impeccable et il n'y a pas eu de conflits», a relaté M. Shoiry à propos de l'arrivée de Mme Guérette comme chef. «Je suis un peu déçu», a-t-il admis.
Le président de Démocratie Québec, Denis L'Anglais, a lui aussi confié «ne pas l'avoir vu venir». Sans souhaiter commenter davantage en raison de sa position qui commande la neutralité, M. L'Anglais a toutefois aussi assuré avoir vu de beaux «gestes de ralliement» et ne pas avoir senti d'animosité chez les trois représentants de l'opposition à l'hôtel de ville.
Composition actuelle du conseil municipal de Québec
• 1 maire
• 17 conseillers d'Équipe Labeaume
• 2 conseillers de Démocratie Québec
• 2 indépendants - Sylvain Légaré, ex-Équipe Labeaume, et Yvon Bussières, ex-Démocratie Québec