Le Carnaval de Québec, Bordeaux fête le vin, la fête de Québec le 3 juillet, le Grand Prix cycliste de Québec, le Marathon SSQ et la Saint-Patrick à Québec sont financés en partie par le Bureau des grands événements.

Grands événements de Québec: un manque à gagner de 5 M$

EXCLUSIF / La Ville de Québec fera face à un manque à gagner de 5 millions $ pour financer ses grands événements en 2018. Le gouvernement du Québec n’est plus au rendez-vous.

Dans son budget de mars dernier, le gouvernement libéral de Philippe Couillard n’a pas prévu reconduire la somme de 5 millions $ qui est consentie chaque année à la capitale depuis 2009. Cette somme servait à recréer le climat festif qui a marqué les fêtes du 400e de Québec en 2008.

À la ligne «Prolongation du Fonds pour les grands événements» de son budget culturel, le précédent gouvernement n’a inscrit aucune somme pour l’année 2018-2019 et les subséquentes, alors qu’en 2017-2018, il y avait bel et bien 5 millions $. Une information passée sous le radar.

Cette somme annuelle est gérée depuis près d’une décennie par le Bureau des grands événements de la Ville de Québec. Selon le site Web de la Ville, des événements comme le Carnaval de Québec, le spectacle de cirque Féria par Flip Fabrique, Bordeaux fête le vin, la fête de Québec le 3 juillet, le Grand Prix cycliste de Québec, le Marathon SSQ et la Saint-Patrick à Québec sont financés en partie par ce bureau, qui devra faire face à une diminution importante de ses revenus.

Dans le passé, ces millions de dollars ont aussi servi à financer des événements gratuits comme le Moulin à images de Robert Lepage et les spectacles du Cirque du Soleil dans Saint-Roch.

Entente particulière

Le Soleil a obtenu un document qui démontre qu’un vide semblable s’est présenté en 2017, mais qu’il a finalement été comblé. L’ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale Sébastien Proulx a accepté de signer une entente particulière avec la Ville de Québec en mars dernier afin que celle-ci puisse avoir droit au même montant que par les années passées.

Cette «convention d’aide financière» pour les événements de 2017 porte les signatures du directeur général de la Ville André Legault et du sous-ministre associé à la Capitale-Nationale Alain Kirouac. Une source interne a indiqué au Soleil qu’il n’est pas prévu qu’une telle entente particulière soit reconduite pour les événements de 2018.

Cette source ajoute que le précédent gouvernement était moins enclin à financer les grands événements de Québec depuis que la Ville avait obtenu son statut particulier de capitale.

En décembre 2016, la «Loi accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec et augmentant à ce titre son autonomie et ses pouvoirs» entre en vigueur. Cette loi prévoit la création d’un Fonds de la capitale nationale et de sa région, qui a pour objet de «contribuer au dynamisme, à la vitalité, au développement, à l’essor et au rayonnement» de la région de Québec.

En juin dernier, l’ex-ministre Sébastien Proulx était à l’hôtel de ville de Québec pour annoncer un investissement de 97 millions $ sur cinq ans dans ce fonds qui servira à appuyer des projets d’entrepreneuriat à Québec, mais aussi dans la grande région qui va de Portneuf à Charlevoix. Il n’était toutefois pas question à ce moment-là de financer spécifiquement des événements qui attirent des touristes et font rayonner Québec.

Le financement des grands événements de Québec a suscité de nombreuses critiques au fil des ans, mais le maire Régis Labeaume a toujours défendu la formule. En entrevue avec le chroniqueur du Soleil François Bourque l’an dernier, M. Labeaume disait que «le monde en veut des événements et aime ça».