Grande opération de verdissement dans Saint-Roch

Le projet Verdir Saint-Roch procédait mardi à une opération de verdissement dans le stationnement du Centre Jacques-Cartier, à la jonction des boulevards Charest et Langelier, soit une plantation d’arbustes nourriciers qui a pour but d’augmenter la sécurité et l’autonomie alimentaires dans le quartier.

Rencontrée en marge de l’activité, qui a regroupé plusieurs bénévoles, la chargée de projet de l’organisme, Lisa-Ann Alain, s’est dite très fière de l’initiative, qui selon elle aura bientôt un impact concret dans la communauté de Saint-Roch.

«On a des grosses platebandes sur les côtés du stationnement, et on y plante aujourd’hui des pommiers, des pruniers, des amélanchiers, des féviers, des sureaux, des bleuetiers, des framboisiers. Bref, on veut que ça devienne un stationnement nourricier, un espace où chacun peut venir cueillir des fruits.»

La chargée de projet de Verdir Saint-Roch, Lisa-Ann Alain (à droite), s’est dite très fière de l’initiative, qui selon elle aura bientôt un impact très concret dans la communauté du quartier.

Depuis sa fondation, en 2016, Verdir Saint-Roch a réalisé plus d’une vingtaine de projets de verdissements du genre, tantôt sur des terrains privés, tantôt pour le compte d’organismes publics. Éventuellement, Lisa-Ann espère pouvoir apporter un soutien tangible en alimentation aux personnes dans le besoin.

«On est dans un quartier qui a quand même une certaine situation de vulnérabilité, il y a beaucoup de gens encore qui sont en situation d’itinérance, dit-elle. On parle beaucoup de sécurité alimentaire, mais l’autonomie alimentaire est en soi l’étape supérieure qu’on vise à atteindre.»

Soutenu par plusieurs organismes au sein de sa propre concertation, le projet bénéficie de l’appui de deux bailleurs de fonds majeurs que sont Environnement Canada et la Ville de Québec. Le projet de Lutte aux îlots de chaleur axée sur les arbres et les arbustes fruitiers, de son nom complet, vise la plantation intensive de verdure comestible de 2017 à 2019.

Esprit de communauté

Chaque fois, lors d’une opération de verdissement, la jeune initiative de Saint-Roch parvient à réunir des dizaines de bénévoles motivés par la volonté d’embellir et de changer leur propre environnement, une plantation et un petit geste à la fois. 

«On a tellement de gens du quartier ici qui viennent nous voir et planter avec nous, ça demeure assez facile pour nous de trouver du monde», avance la chargée de projet.

Celle-ci ajoute que le concept se révèle d’ailleurs très rassembleur, et qu’il crée des liens sociaux très forts, au-delà de son impact socio-environnemental. «J’ai vraiment l’impression que ça donne même de l’espoir aux gens de voir des beaux projets comme ça, en se réunissant et en discutant pour une bonne cause. Ça un impact environnemental et alimentaire, oui, mais ça a aussi des effets positifs sur la santé humaine.»

En plus d’un jardin collectif sur le site de La Nef — la coopérative de solidarité Notre-Dame de Jacques-Cartier — l’organisme local possède aussi plusieurs sites satellites autonomes comme la place l’Éphémère, la Marina Saint-Roch, l’îlot des Tanneurs, La Barberie, La Korrigane, La Chancelière ou encore le HLM du Roi. 

Verdir Saint-Roch offre de plus un potager collectif à tous ses membres ainsi qu’une série d’ateliers et animations autour du jardinage et du verdissement urbain. Des conseils sont aussi offerts au public qui souhaite verdir lui-même ses espaces. «Tout ça a pour but de favoriser le réseautage constant et le partage des ressources entre nos jardiniers citoyens», indique le comité dans un communiqué.

Phénomène répandu

Ailleurs dans le monde, le phénomène du verdissement demeure une pratique relativement répandue et surtout grandissante. À Montréal, l’organisme Sous les pavés accumule les projets du genre, poursuivant notamment l’objectif de désasphalter plusieurs surfaces. 

Au Canada, Depave Paradises, un projet de Green Communities Canada, réunit des centaines de bénévoles pour remplacer les pavés indésirables par des jardins communautaires et du gazon, notamment, dans le but de «renouveler les espaces urbains qui sont négligés», peut-on lire sur le site web de l’organisation pancanadienne. 

Plus près de chez nous, dans la capitale, quelques autres initiatives pratiquant le verdissement existent, comme la Fondation Cowboys Fringants, à laquelle la Ville s’est associée en avril pour encourager la plantation d’arbres sur son propre territoire. 

Mais Verdir Saint-Roch demeure jusqu’ici seule pionnière de son secteur de la ville. «C’est la première que je vois naître dans le coin en tout cas, assure Lisa-Ann à ce sujet.

La jeune chargée de projet espère que son équipe parviendra à créer un «mouvement de verdissement» à Québec et ailleurs. «Ça serait vraiment bien que les stationnements en général ou d’autres espaces fassent pareil, conclut-elle. Qu’on commence dès maintenant à penser à laisser une place aux arbres.»

Depuis sa fondation, en 2016, Verdir Saint-Roch a réalisé plus d’une vingtaine de projets de verdissements.