La Garnison Valcartier compte des dizaines d'installations d'entraînement sur 210 kilomètres carrés. Et les militaires n'y lâchent pas que des grenades. 

Garnison Valcartier: le déménagement du champ de tir en branle

Les voisins de la base militaire de Valcartier gagneront un peu en quiétude : dès mai, la Défense nationale commencera la construction du nouveau site d'entraînement au tir de grenades à plusieurs kilomètres au nord, loin du terrain de golf et des maisons de Saint-Gabriel-de-Valcartier.
Le fédéral avait annoncé le projet l'an dernier au soulagement de la municipalité dont les résidents s'installent de plus en plus près de la garnison. Mais les travaux de quelque 1,5 million $ n'avaient pas encore été effectués.
C'est justement parce qu'il y a de plus en plus de monde dans les environs que les militaires ont décidé d'abandonner ce site d'entraînement. «En raison de la croissance des activités civiles aux alentours du champ de tir, sa capacité d'utilisation a été réduite», observe Jessica Lamirande, du Bureau des relations avec les médias de la Défense. «Le champ de tir sera éloigné du terrain de golf et réaménagé à 15 km au nord de la rivière Jacques-Cartier au centre des secteurs d'entraînement. La relocalisation au nord de la rivière Jacques-Cartier permettra une utilisation optimale du champ de tir et respectera les normes de gabarit des zones de sécurité.»
L'emplacement actuel ne permettait plus de maintenir les distances minimales réglementaires pour s'assurer que les lancers trop longs et les ricochets soient contenus.
L'armée aménagera donc un nouveau champ de tir qui comptera, outre le terrain où seront lancées les grenades, un abri pour les troupes, un abri de lancement, une tour de contrôle... Le chantier s'étirera jusqu'à l'automne.
Mme Lamirande rappelle également que 4,3 millions $ de plus seront investis dans la réfection de deux ponts des secteurs d'entraînement pour une utilisation «à leur plein potentiel». 
Vaste territoire d'entraînement
Il faut dire que la Garnison Valcartier compte des dizaines d'installations d'entraînement sur 210 kilomètres carrés. Et les militaires n'y lâchent pas que des grenades.
On y trouve notamment deux «maisons de tir»; un sentier d'entraînement contre les engins explosifs improvisés; 18 champs de tir sur lesquels sont balancés tous les types de projectiles jusqu'aux dispositifs antichar, aux obus de l'artillerie et même aux bombes larguées par les CF-18.
Le déménagement du champ de tir de grenades ne signifie donc pas la fin du bruit généré par les activités militaires. La garnison publie d'ailleurs périodiquement des messages à l'attention des résidents des municipalités limitrophes pour les avertir d'exercices plus intenses. En mars, par exemple, il y a eu 10 jours de tirs d'artillerie, généralement effectués entre 7h et 23h, mais parfois aussi durant la nuit.
Toutes ces activités sont sécuritaires, assure cependant Jessica Lamirande. Lors de tirs d'artillerie et le largage de bombes, il y a plusieurs règles à suivre dont : s'assurer que le projectile et les débris restent dans la zone d'impact; que chaque obus ou bombe soit observé pour confirmer la détonation; que trois personnes contrevérifient chaque tir d'obus; que les largages de bombes par CF-18 soient vérifiés par ordinateur...