Le lifting de la bibliothèque Gabrielle-Roy est un projet alléchant pour les architectes de Québec qui sont nombreux à vouloir soumettre leur candidature pour sa réalisation.

Gabrielle-Roy attire les architectes de Québec

Ce n'est pas de gaieté de coeur que l'architecte Pierre Bouvier s'est résolu à voir peu de gens de Québec sur le jury qu'il avait le mandat de mettre sur pied pour le concours d'architecture de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Mais après avoir essuyé une tonne de refus des architectes de la région, il a une explication limpide : tout le monde veut soumettre sa candidature pour ce projet alléchant.
«J'ai fait des dizaines d'appels pour solliciter des architectes de Québec, mais ils ont dit non», a dit l'architecte Pierre Bouvier en entrevue au Soleil mardi.
La raison? Les modalités des concours stipulent qu'un bureau pour lequel travaille une personne sur le jury ne peut pas participer, a expliqué M. Bouvier.
Or, «tout le monde» en ville veut faire les rénovations majeures à Gabrielle-Roy, un projet de 40 millions $ très attendu par le milieu, selon M. Bouvier qui avait comme rôle d'organiser le concours, de former le jury et de superviser le processus selon les règles du ministère de la Culture et de l'Ordre des architectes.
Résultat : aucun architecte qui travaille dans la capitale n'est sur le jury. Les représentants de ces professionnels sont plutôt trois de Montréal, Jean Pellan, de chez Sid Lee architecture, Stéphane Rasselet, de chez Nature humaine et Nicolas Roquet, architecte et professeur à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal. L'architecte Isabel Hérault, de la firme française Hérault Arnod, et l'ex-directrice de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Lise Bissonnette, complètent le jury.
De grande qualité
Au total, deux personnes sur sept sont de Québec, soit le directeur du Conservatoire d'art dramatique de Québec, Jacques Leblanc et de la directrice du Service de la culture de la Ville de Québec, Rhonda Rioux.
Tous ces membres du jury sont de grande qualité, selon M. Bouvier, même s'il ne cache pas qu'il aurait préféré voir Québec davantage représentée. «Mais lorsque personne ne veut participer...», a conclu celui qui est déjà impatient de voir les propositions architecturales. Et le produit final. «Cette bibliothèque aura une personnalité unique. J'ai l'impression qu'on va avoir quelque chose d'unique au Canada.»