Même si le G7 n’aura lieu que dans deux mois, les opposants à l’événement ont commencé à se faire entendre, jeudi à Québec, par le biais d’une manifestation.

G7: Labeaume autorise l'achat de caméras de sécurité sans appel d'offres

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a autorisé un achat spécial d’urgence de caméras de sécurité par les policiers municipaux. Justification : la surveillance des activités entourant le Sommet du G7 de juin.

Le contrat de 141 000 $ a été octroyé sans appel d’offres à la firme Logic-Contrôle de Québec. Pourquoi conclure une entente de gré à gré? Selon la «Loi sur les cités et villes, dans un cas de force majeure de nature à mettre en danger la vie ou la santé de la population ou à détériorer sérieusement les équipements municipaux, le maire peut décréter toute dépense qu’il juge nécessaire et octroyer tout contrat sans appel d’offres pour remédier à la situation d’urgence». Régis Labeaume a évalué que cette exemption légale s’applique à la dépense.

Le document relatant la décision évoque d’autres justifications : «Dans le cadre du Sommet du G7 qui se déroulera à La Malbaie du 4 au 10 juin prochains, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) exercera un rôle important dans le maintien et le bon fonctionnement des activités qui se dérouleront sur le territoire de la ville de Québec. Afin de mieux protéger nos sites où se dérouleront les activités en lien avec le Sommet, la Ville de Québec doit faire l’achat de caméras de surveillance».

Il semble toutefois que la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui coordonne la sécurité autour du G7, devait s’occuper des achats d’équipements pour tous les corps policiers impliqués. «Toutefois, la situation a changé et chacune des parties impliquées est maintenant responsable de ses propres acquisitions», affirme la mairie par écrit.

«Compte tenu des sommes en jeu, un appel d’offres public serait requis», convient-on néanmoins. «Par contre, nous devons avoir en main les caméras pour le 1er mai 2018 et des délais de livraison de quatre semaines sont requis. Dans les circonstances, la Ville n’a pas les délais requis pour lancer un tel appel d’offres, d’où la mesure d’urgence.»

Grenades lacrymogènes

Le Soleil évoquait récemment un autre achat inusité effectué à l’approche de l’événement international. Ce printemps, le SPVQ a fait le plein de grenades lacrymogènes et autres munitions de dispersion de foule. Un arsenal accumulé tandis que les forces de l’ordre se préparent pour le Sommet du G7.

Des milliers de munitions «d’agents chimiques» ont été acquises. Certaines affublées de noms anglophones évocateurs : Maximum Smoke, Instantaneous Blast Grenade, Triple Chaser

Il est de notoriété publique que les forces de l’ordre se préparent pour l’événement international qui réunira, à Québec et La Malbaie, les délégations des pays membres : Canada, France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon et Italie. Plus de 8000 participants ainsi que des milliers de fonctionnaires, policiers, militaires, agents de sécurité, journalistes et Cie sont attendus. 

LIRE AUSSI: La mobilisation anti-G7 se précise

LIRE AUSSI: L’appareil judiciaire se prépare

LIRE AUSSI: Le SPVQ fait le plein de grenades lacrymogènes