La Ville prévoit construire la future tour d'habitation de la place Jacques-Cartier entre la bibliothèque Gabrielle-Roy et la rue de la Couronne.

Future tour de la place Jacques-Cartier: les promoteurs tiennent à la prévente

La Ville de Québec a rabroué la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui exigeait de vendre 50 % des unités de la future tour d'habitation de la place Jacques-Cartier avant d'amorcer la construction. Trop long et trop risqué, a statué l'administration Labeaume. Or voilà que les deux promoteurs immobiliers ouvertement intéressés à ce projet en hauteur - et encore plus leurs financiers - songent aussi à une prévente.
Le Groupe Norplex a contacté Le Soleil pour dire qu'il était à l'origine de la seule soumission déposée en vue de la vente du terrain municipal situé à l'angle des rues Saint-Joseph et de la Couronne. GM Développement a aussi soumis un concept, mais pas de document officiel.
La soumission de Norplex a été déclarée non conforme parce que conditionnelle et parce que «le montant de la garantie de soumission ne respectait pas les exigences requises», peut-on lire dans le sommaire décisionnel de la Ville.
«On a dit : on achète. Mais on a modifié les modalités de livraison» pour inclure une clause sur la prévente des appartements, précise Yves Villeneuve, chargé de projet chez Norplex, qui fixe la barre à «50 ou 60 %». Ériger pareil édifice sans promesses d'achat signées, «dans le marché actuel, ça serait un peu fou», insiste l'homme. Et il n'est pas acquis que les financiers accepteraient, ajoute-t-il.
Le promoteur fait miroiter une tour de 16 à 20 étages, le maximum permis par le zonage mis à jour, une construction «très contemporaine, très intéressante, quelque chose qu'on n'a pas vu à Québec ni à Montréal».
GM Développement dit aussi avoir un projet unique à proposer pour poursuivre le développement commercial sur Saint-Joseph et ajouter des logements. Annie Germain, porte-parole du promoteur immobilier, n'était pas en mesure, dimanche, de dire comment la vente des unités serait organisée. «Il y a beaucoup d'autres choses à discuter avant» avec la Ville, a-t-elle fait valoir. Mme Germain a toutefois confirmé que les gros projets résidentiels s'appuyaient généralement sur une prévente et que cela était requis par les institutions financières prêteuses.
Contrat de gré à gré
La Ville de Québec a annulé l'appel d'offres de septembre et envisage maintenant la négociation d'un contrat de gré à gré. Elle veut néanmoins maintenir toutes les conditions édictées, dont un prix plancher de 1,1 million $, un minimum de 10 étages et 100 cases de stationnement ainsi qu'un calendrier de réalisation serré pour que la construction débute en 2015 en vue d'une ouverture en 2018. Les promoteurs immobiliers intéressés doivent être rencontrés par la direction générale.
«Il n'est pas question qu'il y ait prévente des unités de logement avant d'amorcer la construction parce qu'un tel processus pourrait retarder le projet et la Ville tient à respecter l'échéancier», a répété dimanche Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville.
L'administration Labeaume reprochait à son précédent partenaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), de vouloir vendre 50 % des unités avant de confirmer le chantier, au plus tard en juin 2015.
«La CSQ veut jouer au promoteur immobilier, mais ce qu'on constate, c'est qu'elle n'a pas nécessairement la qualité pour le faire, elle ne veut assumer aucun risque, comme les promoteurs immobiliers le font dans leur travail au quotidien», avait lancé Julie Lemieux, responsable du projet de bibliothèque et aujourd'hui vice-présidente du comité exécutif.