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«J’ai fait le même chiffre d’affaires vendredi soir que si j’avais eu une salle à manger pleine», s’étonne Andreas Papadeas du Mezzé.
«J’ai fait le même chiffre d’affaires vendredi soir que si j’avais eu une salle à manger pleine», s’étonne Andreas Papadeas du Mezzé.

Folie de commandes à emporter à Québec!

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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L’appel du maire Labeaume a été entendu. Les frigos des restos de Québec, remplis en vue du long congé pascal, ont été dévalisés. Et ça n’a rien de négatif!

«J’ai fait le même chiffre d’affaires vendredi soir que si j’avais eu une salle à manger pleine», s’étonne Andreas Papadeas. Le Mezzé, son restaurant du quartier Montcalm, a été pris d’assaut par des amateurs de grec lors de la toute première soirée du congé de Pâques. Tellement, qu’il a dû se ravitailler de provisions pour parvenir à compléter son menu pour la fin de semaine.

Avec le retour de restrictions sanitaires plus sévères, les salles à manger des restaurants ont dû cesser d’accueillir les clients du jour au lendemain. Mais dès l’annonce du gouvernement, la clientèle a répondu présente en soutien aux restaurateurs, ébranlés pour une troisième fois par une fermeture impromptue.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, invitait d’ailleurs la population à commander pour emporter pour les aider à écouler les inventaires.

L’élan de solidarité s’est enclenché et le téléphone s’est mis à sonner. Même s’ils ont dû annuler les réservations, le congé pascal mettra un petit baume sur une année difficile.

«Les plans des gens ont été annulés et ils se sont revirés de bord. Ce week-end va faire du bien, on est vraiment ravis de la réponse des clients», exprime le chef propriétaire du Mezzé.

La pieuvre, la moussaka et les grillades, qui font la fierté du restaurant, ravissent la clientèle qui a «envie d’été», remarque Andreas Papadeas. La crise, constate-t-il, aura forgé des liens de «proximité» avec les clients du quartier.

«Jamais vu»

Plus bas, sur la rue Saint-Joseph, le Phil Smoked Meat, a aussi renoué avec les «rushs», même si la viande fumée ne pouvait être dégustée sur place. Ses commandes pour emporter ont été victimes de leur popularité.

Le Phil Smoked Meat, a renoué avec les «rushs».

«J’en ai vécu des grosses journées dans la restauration, mais en 15 ans, je n’avais jamais vu ça», lance le propriétaire Philippe P-Bolduc.

«Avec l’annonce de mercredi, les gens ont été au rendez-vous. Les commandes commençaient déjà à rentrer pendant la nuit pour le lendemain midi. On a même dû refuser une centaine de commandes le soir, c’était parti en fou!»

Depuis deux jours, la préparation débute très tôt, vers 5h, pour réussir à répondre à la demande. Conjointe et enfants sont même venus à la rescousse de papa, pour que tout soit livré dans les temps.

Outre la saison estivale 2020, alors que les terrasses étaient ouvertes, il s’agit de l’une des plus grosses fins de semaine de takeout de la dernière année. «Et j’aurais doublé mes chiffres si je n’avais pas fermé mes téléphones», estime le propriétaire de Phil Smoked Meat.

Cet achalandage «exceptionnel» constitue une belle surprise pour le restaurateur, qui n’aura jamais connu une fête de Pâques aussi occupée. «Je ne suis pas une destination de Pâques, mais on remarque que les gens commencent à encourager beaucoup les micros-quartiers des centres-ville qui ont été délaissés» 

Café à emporter

Depuis qu’il existe, le Café Félin Ma Langue Aux Chats a été fermé plus longtemps qu’il a été ouvert. Avec un carnet de réservations plein pour Pâques, la propriétaire Lisa Cyr craignait que le reconfinement ne fasse «très très mal» à son petit commerce «qui essaie de se faire connaître». 

Lisa Cyr a elle aussi décidé d’offrir des mets à emporter,

«Non seulement financièrement, mais surtout pour nos employés», fait-elle savoir. Le Café Félin Ma Langue Aux Chats s’est donné pour mission d’embaucher des personnes aux prises avec un problème de santé mentale, quel qu’il soit. Sans emploi pendant le confinement, ils se sont sentis «abandonnés».

Pour leur permettre de «s’accrocher et de sortir de la maison», la femme d’affaires a donc elle aussi décidé d’offrir des mets à emporter, au plus grand bonheur de son plus récent collègue engagé, atteint du syndrome d’Asperger. 

Depuis vendredi, paninis, cafés, limonades et smoothies frais peuvent être commandés en mode sur le pouce. 

«Ce n’est pas notre spécialité, mais on est capable de faire un petit bout de chemin comme ça», prévoit Lisa Cyr.

N’empêche, elle et les autres restaurateurs ont «la vie dure», depuis un an. «Mais la clientèle le réalise», croient-ils. Elle est de plus en plus solidaire.

«Je ne peux pas me plaindre de 2020, car même si ça a été une année particulière, elle n’est pas à relayer aux oubliettes. Ce n’est pas la catastrophe : les clients ont été là», remercie Andreas Papadeas du Mezzé.