Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux, rappelle qu’on trouve des zones fumeurs dans certains festivals ontariens

Festivals et événements: plaidoyer pour des zones pour les fumeurs de pot [VIDÉO]

Le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) tente de convaincre le gouvernement Legault d’assouplir son projet de loi sur l’encadrement du cannabis au Québec avec la création de zones pour les fumeurs.

Une fois adoptée, cette loi interdira la consommation de cannabis en tout temps et en toutes circonstances à l’extérieur dans les festivals et événements. «Le gouvernement fait fausse route avec cette approche», lance Martin Roy, président-directeur général de l’organisme qui regroupe des événements comme le Festival d’été, ComediHa! et le Festivent.

«Il se fume du cannabis depuis Woodstock. Ce n’est pas parce qu’on dit que le cannabis est interdit dans les festivals et les événements que, subitement, les gens vont arrêter de fumer. On propose une approche plus réaliste. Entre autres, la création de zones fumeurs», explique-t-il.

«Ça se fait ailleurs, notamment en Ontario. On les appelle des weed gardens. Ça fonctionne bien, notamment au Festival franco-ontarien.»

Selon lui, la loi sera difficilement applicable. Et, si elle appliquée, elle comportera des risques. «On soulève des enjeux de sécurité. Je crains que ça dégénère s’il y a des festivaliers hostiles à une intervention dans une foule», illustre M. Roy.

«Actuellement, la foule compacte sert d’écran aux fumeurs qui ne seront pas importunés. On voit mal comment les policiers [ou des inspecteurs] peuvent intervenir dans ce contexte pour remettre une contravention», poursuit le pdg.

Interdit au FEQ

Il rappelle que la consommation de cannabis était interdite au dernier Festival d’été en regard de l’interdiction imposée par la réglementation municipale. «Je n’ai vu aucune contravention émise, ni d’intervention. C’est la preuve que ce n’est pas appliqué ni applicable», conclut-il.

Sur sa page Facebook, l’organisation du Festif de Baie-Saint-Paul a réagi à la position du RÉMI. 

«Il y a déjà du c­annabis dans les festivals et la consommation est tolérée. Nous croyons qu’une interdiction complète ne sera pas efficiente et n’aidera en rien les organisateurs d’événements ainsi que les municipalités. D’un autre côté, le fait d’instaurer des zones autorisées responsabilisera les festivaliers à consommer dans le respect des autres, dans les endroits appropriés. Il en ira d’une bonne collaboration de toutes les parties [organisateurs, festivaliers, municipalité et autorités]. Une entente win-win, c’est ce qui nous semble le plus logique, plutôt qu’un rapport de force.»