Le maire de Lévis a réitéré son opposition à tout développement immobilier sur les 40 hectares de la ferme expérimentale Jean-Charles-Chapais.

Ferme Chapais: pas question pour Lévis de payer la valeur marchande

Gilles Lehouillier persiste : pas question pour la Ville de Lévis de payer la valeur marchande pour acquérir les terres de la ferme Chapais. «On ne lâchera pas le morceau», lance-t-il, toujours fermement opposé à tout développement immobilier sur ce domaine.
Même si Agriculture Canada affirme qu'elle ne compte pas offrir gratuitement à la Ville de Lévis les 40 hectares de la ferme expérimentale Jean-Charles-Chapais, le maire Gilles Lehouillier continue d'espérer. «Je rencontre [le député fédéral de Lévis] Steven Blaney la semaine prochaine, a-t-il rappelé. On aura des discussions là-dessus. Mais nous, il est clair et net qu'on souhaite obtenir cette ferme-là à une valeur nominale la plus basse possible. On ne lâchera pas le morceau c'est sûr. On va entreprendre des négociations à cet effet-là.»
Le maire a réitéré son opposition à tout développement immobilier. Agriculture Canada veut procéder par aliénation stratégique pour se départir du domaine. Ce qui implique que la Société immobilière du Canada (SIC) achète la propriété, élabore un plan pour son développement, formule des demandes de changement de zonage s'il y a lieu et vende ensuite le terrain à des promoteurs immobiliers. La propriété vaut 5 millions $ au rôle d'évaluation.
Une «alliée»
Le Soleil révélait vendredi qu'Énergie Valero, anciennement Ultramar, a elle aussi des visées sur les terres de la ferme Chapais qu'elle aimerait annexer à la «ceinture verte» qui entoure la raffinerie de Saint-Romuald. Mais plutôt que de voir en la pétrolière une concurrente, Gilles Lehouillier perçoit plutôt avoir trouvé une «alliée».
«Il ne faut pas oublier que dans l'ordre, on va l'offrir d'abord au gouvernement provincial et à la Ville. Tant mieux si Valero voulait faire une belle oeuvre à la communauté et nous appuyer pour nous aider soit dans l'acquisition ou dans l'aménagement de ce parc-là.»
Or dans les faits, il est tout à fait possible que la SIC choisisse de vendre le terrain directement à Valero, à sa juste valeur marchande. Le processus d'aliénation stratégique le permet, contrairement à la méthode d'aliénation courante qui prévoit d'offrir d'abord les lots aux administrations publiques. Et le fait que la Ville refuse de modifier le zonage n'y changerait rien puisque la pétrolière n'a pas l'intention de construire des habitations et pourrait se contenter de la vocation récréoécologique.
Les intentions de la SIC seront connues dans les prochaines semaines.
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Pas d'hôtel de ville à la ferme Chapais
Il n'y aura pas d'hôtel de ville à la ferme Chapais, a tranché le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Le Soleil révélait vendredi que l'administration lévisienne avait placé le domaine de 40 hectares dont le fédéral veut se départir parmi les emplacements potentiels pour implanter le futur hôtel de ville de Lévis. «Nous avons bien d'autres priorités que la construction d'un hôtel de ville. À court terme, il n'en est pas question. Surtout pas sur les terrains de la ferme Chapais.» M. Lehouillier estime que la présence d'un bâtiment administratif n'est pas compatible avec la vocation récréotouristique qu'il souhaite consolider sur ces terrains si la Ville réussit à les acquérir. «Je veux qu'ils restent à des fins de parc et d'espace vert.»