Plusieurs, dont la Commission de la capitale nationale, désirent participer à la sauvegarde de la ferme Chapais, à Lévis, et faire de ce domaine un parc.

Ferme Chapais: multiples appuis pour le parc

Le sort de la ferme Chapais, à Lévis, ne laisse pas indifférent. Alors que le député local Christian Dubé estime que les terres doivent devenir rien de moins que «les plaines d'Abraham de Lévis», la Commission de la capitale nationale lève la main pour participer à la sauvegarde du domaine que le fédéral veut vendre à des promoteurs immobiliers.
«C'est très clair. Moi, je veux que ça devienne les plaines d'Abraham de Lévis», lance sans hésitation le député de Lévis, Christian Dubé, quand on lui demande la vocation qu'il imagine pour le domaine de 40 hectares situé en bordure du fleuve et qui donne une vue imprenable sur Québec.
Le député de la Coalition avenir Québec se sent très interpellé par le sort réservé aux terres de la ferme Chapais. Il souligne que ce dossier fait d'ailleurs partie des priorités sur lesquelles il compte se concentrer pour l'année 2014.
M. Dubé a appris avec surprise dans Le Soleil mercredi matin les visées du fédéral pour les terrains de la ferme expérimentale Jean-Charles-Chapais. Comme tous les intervenants auxquels Le Soleil a parlé, il s'attendait à ce que le gouvernement cède les terrains pour une valeur nominale et les offre aux ministères fédéraux, aux sociétés d'État, aux administrations provinciales et, éventuellement, à la Ville.
Mais Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, qui doit disposer du bien déclaré excédentaire, a choisi de procéder par «aliénation stratégique». Ce processus prévoit que la branche immobilière du gouvernement, la Société immobilière du Canada, achète la propriété à sa valeur marchande, élabore un plan pour son développement, formule des demandes de changement de zonage s'il y a lieu et vend ensuite le terrain «à valeur ajoutée» à des promoteurs qui s'occuperont de construire les habitations.
Changement de zonage
L'administration Lehouillier a déjà prévenu qu'elle n'autoriserait pas le changement de zonage nécessaire à la construction d'habitations.
Le député de Lévis comprend que d'un point de vue d'administrateur des finances publiques, il peut être tentant d'obtenir le plus d'argent possible pour ces terres. «Mais ça ne devrait pas être la seule considération. Dans le cas de la ferme Chapais, je ne suis pas sûr que c'est le développement immobilier qui est la meilleure alternative.»
Comme le maire de Lévis, Christian Dubé plaide pour la création d'un parc public et espère qu'une collaboration entre les trois paliers de gouvernement soit possible.
Une rencontre est d'ailleurs prévue entre le député et le maire Gilles Lehouillier la semaine prochaine et le sujet sera abordé.
La Commission de la capitale nationale du Québec s'est de son côté montrée «très intéressée par la ferme», a indiqué le porte-parole Gilles Émond, au nom de la présidente et directrice générale, Françoise Mercure. Celle-ci a d'ailleurs déjà proposé il y a un an à l'ex-mairesse Danielle Roy Marinelli l'aide de la Commission pour faire de ce domaine un parc. «Ça ferait partie de notre réseau de grands parcs» et s'y intégrerait bien étant donné sa «valeur patrimoniale».
Mme Mercure rencontrera M.Lehouillier le mois prochain et compte bien réitérer son offre.
La Commission de la capitale nationale a contribué à quelques réalisations à Lévis, dont le monument de François Gaston de Lévis sur la terrasse de Lévis et celui d'Alphonse et Dorimène Desjardins.
Parc national de détente
En mai dernier, le Conseil exécutif du Parti québécois dans la circonscription des Chutes-de-la-Chaudière avait soumis une proposition pour que le domaine soit acquis par le gouvernement du Québec «pour être conservé dans son intégralité et préservé dans son entièreté en vue d'en faire un parc national de détente». Cette proposition a été soumise aux instances et à l'aile parlementaire du Parti québécois lors de la rencontre nationale réunissant les présidents des circonscriptions et des régions de l'ensemble du Québec et avait reçu un appui unanime.
Il n'a pas été possible, mercredi, d'obtenir la position précise du député fédéral de Lévis, Steven Blaney, sur le sujet. «M. Blaney souhaite que la collaboration entre la Société immobilière du Canada et la Ville de Lévis se poursuive afin que soit établie une vocation qui permettra une réintégration satisfaisante de la propriété au sein de la collectivité et qui respectera l'intérêt des contribuables», a fait savoir par courriel sa porte-parole, Marie-Christine Patry.