Le copropriétaire de Chez Jules, Marc-Antoine Doré, a servi à déjeuner vendredi matin à l'Auberge Place d'Armes.

Faute de personnel, le copropriétaire de Chez Jules s'improvise cuisinier

Le copropriétaire du restaurant Chez Jules, Marc-Antoine Doré, s'est occupé comme prévu lui-même du service de déjeuner pour les clients de l’Auberge Place d’Armes, vendredi matin, après que l'établissement ait dû cesser ses activités dans la journée pour cause de manque de personnel.

La fermeture permettra en réalité à l’employeur de donner une journée de congé bien méritée à ses travailleurs. L’Auberge Place d’Armes est située dans le même bâtiment que le restaurant, et exige qu’un repas soit servi à ses résidents à chaque début de journée.

«Cette journée-là, ils ne recevront pas un appel à la maison pour leur demander de venir remplacer au pied levé des collègues qui ont tout bonnement choisi de ne pas se pointer au travail, a-t-il avoué dans une entrevue avec LeSoleil, mardi. Une situation qui se produit trop souvent et qui tape sur les nerfs de ceux et celles qui sont toujours au poste et qui ne disent jamais un mot plus haut que l’autre.»

Les médias étaient conviés, vendredi matin, à une séance de photos du copropriétaire «devenu temporairement cuisiner et serveur», peut-on lire dans un communiqué de presse.

Par ce coup d’éclat, la direction de Couillard, Fils & Cie — l’entreprise à qui appartient le restaurant de la rue Sainte-Anne — espère rappeler à l’État québécois et aux différentes parties prenantes qu’il existe deux pistes de solution pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre actuellement dans le milieu. 

Des modifications 

«[Il faut] modifier le calendrier scolaire pour permettre aux étudiants de travailler plus longtemps pendant la saison touristique, et aussi faciliter les règles d’immigration pour les travailleurs qui sont compétents», affirme l’organisation dans une missive envoyée aux médias vendredi en début d’avant-midi. 

«Récemment, j’avais réservé une partie de mon après-midi pour rencontrer cinq candidats afin de pourvoir des postes de plongeur. Un seul s’est pointé à l’entrevue. C’est désespérant», s’indigne Marc-Antoine Doré.

Ce dernier affirme de plus entendre les gérants d’estrade qui affirment que les restaurateurs sont les victimes de leurs malheurs parce qu’ils s’obstinent à offrir de bas salaires à leurs employés. «Chez nous, les frais de main-d’oeuvre composent 41 % de nos coûts. Ailleurs, ça tourne souvent aux alentours de 30 à 33 %. Écoutez, je donne tout ce que je peux à mes employés.»

Fondée en 2003 par la famille Doré-Couillard, l’entreprise possède aujourd’hui l’hôtel Champlain, l’hôtel Jardin Sainte-Anne, la crèmerie St-Crème et une épicerie gourmande. Elle emploie plus de 120 personnes annuellement, dont les deux enfants de Michelle Doré, Marc-Antoine et Vincent.

La famille propriétaire est directement descendante de Guillaume Couillard, l’un des tout premiers colons arrivés en Nouvelle-France à l’époque.