Depuis son achat en 2014, le système a fait l’objet de nombreuses critiques et ratés lors des tests. L’intention derrière le projet d’origine était de faire payer les visiteurs sur des bornes installées à l’intérieur du Centre Vidéotron pour faciliter la sortie des automobiles lors des grands événements. La Ville s’est aperçue qu’il suffisait que quelques personnes oublient de faire leur paiement à l’intérieur pour créer de la congestion à la sortie.
Depuis son achat en 2014, le système a fait l’objet de nombreuses critiques et ratés lors des tests. L’intention derrière le projet d’origine était de faire payer les visiteurs sur des bornes installées à l’intérieur du Centre Vidéotron pour faciliter la sortie des automobiles lors des grands événements. La Ville s’est aperçue qu’il suffisait que quelques personnes oublient de faire leur paiement à l’intérieur pour créer de la congestion à la sortie.

ExpoCité: la Ville largue son système de gestion du stationnement

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
ExpoCité met fin au déploiement de son système de gestion électronique de 2,1 millions $. L’équipement acquis en 2014 ne répond tout simplement pas aux attentes.

«Le choix a été fait de bonne foi, mais ç’a été une erreur parce que les fonctionnalités ne sont pas adaptées aux besoins du site.» Le président d’ExpoCité, le conseiller Vincent Dufresne, ne se défile pas et dit assumer la responsabilité de cet échec lors d’une annonce faite jeudi. C’est aussi ce qu’on pourrait appeler «prévenir les coups» puisque le point de presse s’est tenu une heure avant le plénier portant sur le budget 2021 d’ExpoCité.

Depuis son achat en 2014, le système a fait l’objet de nombreuses critiques et ratés lors des tests. L’intention derrière le projet d’origine était de faire payer les visiteurs sur des bornes installées à l’intérieur du Centre Vidéotron pour faciliter la sortie des automobiles lors des grands événements. La Ville affirmait qu’il suffirait que quelques personnes oublient de faire leur paiement à l’intérieur pour créer de la congestion à la sortie.

La nouvelle est étonnante qu’à moitié. L’an passé, M. Dufresne faisait déjà savoir que seulement une vingtaine des 42 bornes intérieures achetées devaient être installées sur le site: au Centre de foire, au centre administratif d’ExpoCité, chez TVA, au Pavillon de la jeunesse et éventuellement au Grand Marché. Aujourd’hui, plus rien ne tient la route. Le conseiller est formel. Pour lui, placer des préposés aux guérites demeure le meilleur moyen d’assurer la fluidité du trafic. La Ville fait savoir que cette façon de faire a coûté un peu plus d’un million$ en 2019, une année normale d’activités. La Ville facture une partie de ces frais aux organisateurs d’événements.

L’aventure aura coûté 2,1 millions$, dont 264 000$ en services professionnels, installation et soutien. La fin du contrat de service en septembre était l’occasion de prendre une décision sur l’avenir du système.

«Il n’y a rien qui justifiait de mettre un dollar de plus dans ce système», tranche le directeur général de la Ville, Luc Monty, présent au point de presse. Il ne voulait avancer aucun montant quant au coût d’un réinvestissement dans le système.

Le conseiller Dufresne ajoute que le déficit de 2,2 millions$ d’ExpoCité en 2020 en raison de la baisse des activités liée à la pandémie et les faibles perspectives pour 2021, ont aussi joué dans la décision.

L’opposition estomaquée

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, a lancé cette boutade en réagissant à la nouvelle. «L’administration Labeaume a dépassé les «bornes» de stationnement. C’est un autre échec technologique de Régis Labeaume. Il faut toujours que ça soit compliqué. C’est simple. Il s’agit d’aller voir ce qui se fait ailleurs», lance-t-il, en faisant référence au coffre-fort virtuel qui n’a jamais vu le jour et les récents ratés du système de télécommunication du service de police.

Il se désole que l’équipement ne servira à rien. «On va prendre 2,1 millions$ et le jeter à la poubelle. Ce n’est pas banal.»