Évalué à 350 millions $, taxé à 365 000$

Québecor ne payera que 365 000 $ de taxes municipales pour son occupation du Centre Vidéotron, soit uniquement pour les espaces à «usage exclusif» valant 10,7 millions $ sur l'évaluation totale l'immeuble, qui est de 349,5 millions $. Une facture trop basse aux yeux de l'opposition, qui juge la situation «injuste» et «inéquitable» pour les citoyens. 
De son côté, l'ancien directeur général de la Ville de Québec, Denis de Belleval, a déjà annoncé jeudi qu'il contestera devant les tribunaux pour que Québecor paye des taxes sur l'ensemble du bâtiment.  
«C'est une forme de subvention qu'on donne à QMI», a tranché la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette en point de presse jeudi. Elle venait de prendre connaissance d'un communiqué dans lequel la Ville de Québec a annoncé que le Centre Vidéotron est évalué à 349,5 millions $. Mais sur cette somme, seuls les secteurs utilisés exclusivement par le gestionnaire Québecor sont taxables, soit 10,7 millions $. Total du compte de taxes municipales : 365 000 $ pour l'année 2017.
La facture est refilée à QMI, qui la partage avec ses locataires TVA, AEG Facilities, Levy Restaurants, Les Remparts de Québec et le Tournoi international de hockey pee-wee.
Inauguré en septembre 2015, le Centre Vidéotron a coûté 370 millions $ de fonds publics.
Et la grande majorité de l'espace de l'amphithéâtre n'est pas taxable.
«Considérant que le Centre Vidéotron est une propriété de la Ville de Québec, entièrement payé par des fonds publics et construit sur des terrains publics, les espaces communs à usage non exclusif, évalués à 338,8 millions $, ne sont donc pas taxables ou imposables», peut-on lire dans un communiqué de la Ville de Québec.
«Analyse complexe»
La valeur du Centre Vidéotron a été déterminée par une équipe de cinq évaluateurs membres de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec et est le résultat d'une «analyse complexe», assure le directeur du Service de l'évaluation de la Ville de Québec, Richard Côté. «L'équipe a effectué la visite de tous les locaux de l'immeuble, a rencontré tous les intervenants, a analysé les documents pertinents, dont les ententes et les baux, et a consulté des conseillers juridiques spécialisés en évaluation», a-t-il expliqué.
Or, tout le Centre Vidéotron devait être taxable à Québecor et pas seulement les locaux à usage exclusif, estime Anne Guérette. «C'est un bâtiment qui nous appartient, mais ce n'est pas un usage municipal, c'est usage commercial», a-t-elle dénoncé.
Comparaison 
À titre comparatif, l'élue a avancé que le Centre Bell rapporte 8,6 millions $ en taxes dans les coffres de la Ville de Montréal. À Québec, les Galeries de la Capitale, évaluées à 356 millions $, payent 12 millions $ par an.
«Pour nous, c'est certain que 365 000 $ pour un immeuble qui a coûté 370 millions $, on trouve que c'est inéquitable et injuste pour les citoyens et les commerçants», a poursuivi Mme Guérette. «Cela confirme que l'entente de gestion est une mauvaise entente qui n'est pas à l'avantage des citoyens.»
Bataille juridique 
Mme Guérette a aussi pris acte de la volonté de Denis de Belleval de contester le compte de taxes. «Une bataille juridique se dessine. Ça reste à voir comment tout ça va se terminer. Il n'y a aucun précédent, c'est un cas unique dans lequel M. Labeaume nous a embarqués», a commenté Mme Guérette à propos des tenants et aboutissants juridiques de l'entente entre QMI et la Ville. 
«Nous, notre rôle comme opposition n'est pas de s'embarquer dans des poursuites judiciaires, mais c'est le rôle de quelqu'un comme M. de Belleval, qui a tous les droits de le faire.»
Le maire Régis Labeaume n'a pas commenté jeudi.