«Il est hors de question que nous portions des accusations à la hâte sous la pression», a déclaré le Directeur général des élections, Pierre Reid.

Enquête non divulguée: le DGE défend sa neutralité

Les trois principaux partis politiques qui s’affrontent à Québec ont demandé en choeur la publication des résultats d’une enquête du Directeur général des élections (DGE) sur un vieux cas de financement présumé illégal impliquant l’industrie du camionnage et Équipe Labeaume. Ils n’ont pas été exaucés.

Les derniers jours de la présente campagne électorale ont fait ressurgir une histoire datant de 2012 et mise au jour par Le Soleil avant le scrutin de 2013.

Le journaliste François Bourque avait alors rapporté qu’une centaine de membres de l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI) avaient répondu à l’appel de leurs dirigeants les enjoignant de participer aux cocktails de financement d’Équipe Labeaume. Leur contribution totalisait 21 000 $ sur deux ans. L’ANCAI est dans une situation de monopole pour les contrats de camionnage à la Ville de Québec depuis 1982. 

Plus tôt cette semaine, CHOI 98,1 est revenu à la charge dans le dossier avec un témoignage portant sur la même époque et l’ANCAI a admis avoir fait «une erreur» en remboursant à quelques membres leur contribution à Équipe Labeaume, ce qui contrevient à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. 

Il est aussi apparu que l’enquête lancée par le DGE après une plainte de Démocratie Québec en 2013 n’était toujours pas bouclée. 

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a sous-entendu jeudi que le DGE se traînait les pieds pour protéger Équipe Labeaume. Il est revenu à la charge vendredi. Démocratie Québec a aussi «imploré le DGE pour qu’il fasse dès maintenant toute la lumière concernant son enquête». Les deux principaux opposants du maire sortant ont également promis de favoriser la concurrence dans l’industrie du camionnage s’ils sont élus dimanche afin de ramener les coûts du déneigement à la baisse. 

«Pas de souci»

M. Labeaume est entré dans la danse, appelant le DGE à sortir l’information le plus tôt possible, avant les élections s’il le faut. «Il n’y a pas de souci, ça va nous faire plaisir. On préfère nous autres qu’il dise tout ce qu’il a à dire au lieu d’avoir des rumeurs», a-t-il lancé en conférence de presse. 

Le maire sortant n’a cependant pas épargné Québec 21 qui surfe sur la vague créée par CHOI 98,1. «C’est des idioties de fin de campagne quand t’es rendu que t’accuses le DGE» de partisanerie, a-t-il déploré. 

La réponse du Directeur général des élections est arrivée par communiqué de presse. «Les allégations qui ont été entendues sur la place publique aujourd’hui sont sans fondement. La neutralité et l’impartialité sont des valeurs fondamentales de l’institution que je dirige et elles guident chacune des décisions de mon équipe. Notre mandat de surveillance et de contrôle du financement politique est fait avec sérieux, rigueur et objectivité, et il est hors de question que nous portions des accusations à la hâte sous la pression», a déclaré Pierre Reid. 

Confirmant que des perquisitions ont été faites dans les bureaux de l’entreprise Les Transports en vrac, le DGE a fait valoir que son équipe devait en faire l’«analyse en profondeur» avant d’émettre des recommandations et de porter éventuellement des accusations. S’il devait y en avoir, les constats d’infraction seront rendus publics.